Face à la hausse de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion décidée par la France, la compagnie aérienne Ryanair a annoncé qu’elle pourrait réduire de 50% ses opérations dans l’Hexagone. Plusieurs lignes ont d’ores et déjà été fermées.
C’est une réponse cinglante : alors que la France a augmenté la Taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) dans le cadre du budget 2025, la compagnie aérienne à bas coût Ryanair a récemment annoncé qu’elle envisageait de réduire ses activités en France, avec une potentielle baisse de 50% de ses opérations sur le territoire. Les aéroports régionaux pourraient être directement concernés.
L’élément déclencheur pour Ryanair a été la hausse de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), qui est passée de 2,63 euros à 7,4 euros pour les vols intérieurs ou à destination de l’Europe depuis le 1er mars 2025. La compagnie a jugé cette hausse comme étant décidée «au mauvais moment» et «à contre-courant» d’autres pays européens, qui baissent au contraire leurs taxes sur l’aviation.
Dans une lettre datée du 21 février dernier, Ryanair a reproché au gouvernement français de «manquer de vision à long terme» et expliqué que cela la forçait à «revoir ses capacités en France». Et la compagnie a joint les actes à la parole. À partir du 29 mars prochain, Ryanair a décidé de supprimer deux lignes au départ de l’aéroport de Vatry, dans la Marne, à destination de Porto, au Portugal et de Marrakech, au Maroc.
«La disparition prévue à partir du 29 mars de ces deux lignes reliant l'aéroport de Vatry à Porto (Portugal) et Marrakech (Maroc) aura des conséquences néfastes pour l'ensemble de notre territoire», a prévenu le département de la Marne dans un communiqué de presse. Ces deux lignes représentaient 85% du trafic passagers de l'aéroport l'an dernier, soit 74.000 passagers sur 86.000, a précisé le département.
99% de l'activité des aéroports régionaux
Au-delà de Vatry, plusieurs aéroports français pourraient être touchés par ce changement de stratégie de Ryanair. Parmi eux, les aéroports de Limoges, Carcassonne et Perpignan, où la présence des compagnies low-cost est souvent vitale pour attirer un nombre suffisant de passagers. Ces changements pourraient être une «nouvelle catastrophique» pour les aéroports, en raison de la perte d’une partie très importante du trafic, susceptible de fragiliser l’économie des régions concernées.
L'Union des aéroports français (UAF) a aussi mis en garde contre le risque de voir toutes les compagnies aériennes à bas coûts, qui pèsent plus de 99% de l'activité de Beauvais, Béziers et Nîmes, se détourner de la France en raison de l'augmentation de cette taxe. Sur le vieux continent, certains pays ont choisi de réduire leurs taxes aériennes pour relancer le secteur. Cette approche, bien différente de celle adoptée en France, pourrait inciter d’autres compagnies à revoir leur stratégie.
De son côté, le gouvernement ne compte pas revenir sur cette hausse applicable depuis le 1er mars, a déclaré vendredi dernier le ministre des Transports Philippe Tabarot, tout en indiquant n'être pas favorable à ce qu'elle devienne pérenne.