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Budget 2025 : le gouvernement vise 32 milliards d'euros d'économies et 21 milliards de hausses d'impôts

Un objectif qui permettrait, selon François Bayrou, de ramener le déficit public de la France à 5,4% du PIB en 2025. [REUTERS/Sarah Meyssonnier]

Au lendemain de la déclaration de politique générale de François Bayrou, les contours du budget 2025, dont l'examen a repris ce mercredi, se précisent. L’objectif est de réaliser 32 milliards d'euros d’économies et 21 milliards d’augmentation des recettes.

«Un effort historique». C’est avec ces termes que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a indiqué ce mercredi que le budget de la France pour 2025 prévoirait «plus de 30 milliards d'euros» d’économies, combinés à une hausse des impôts à hauteur d’environ 21 milliards d’euros. Un objectif ambitieux, d’ores et déjà critiqué par les oppositions, qui permettrait, selon François Bayrou, de réduire le «surendettement» de la France et ramener le déficit public à 5,4% du PIB en 2025.

Face au «pire endettement de la France depuis la guerre», selon François Bayrou, la priorité, comme il l’a indiqué dans son discours, demeure la réduction des dépenses publiques. À cet égard, outre celles déjà intégrées dans le texte présenté au Parlement, le gouvernement a prévu huit à neuf milliards d’économies supplémentaires pour arriver à 32 milliards d’euros. Dans le détail, deux milliards d’euros seront coupés sur des aides Covid encore en vigueur, deux autres milliards sur des aides sociales et de santé, tandis que 650 millions d’euros doivent être économisés sur les actifs de l’État et ses opérateurs.

Autre mesure maintenue malgré les revendications de l’opposition : la suppression de 4.000 postes dans l’Éducation nationale, pourtant érigée au statut de «premier portefeuille» dans l’équipe gouvernementale de François Bayrou. Enfin, un rapport de la Cour des comptes qui contient «de multiples suggestions d’économies» devrait permettre d’ajouter 900 millions d’euros au total des coupes. Reste un peu plus de deux milliards d’euros à trouver, qui, selon une source parlementaire, devrait provenir de «mesures discrétionnaires du gouvernement», dont le détail demeure à préciser.

Amélie de Montchalin a aussi évoqué le sort de deux mesures qui avaient mis le feu aux poudres dans la fonction publique, l'allongement du délai de carence de 1 à 3 jours en cas d'arrêt maladie, et la réduction de l’indemnisation pendant les congés maladie. «Il a été discuté par le ministre de la Fonction publique et les syndicats de ne pas forcément aller sur les deux jours de suppression des jours de carence mais de conserver la mesure qui fait qu'on est indemnisé qu'à 90% de son salaire», a-t-elle précisé.

À noter que la ministre des Comptes publics compte également sur les partenaires sociaux pour parvenir à s’entendre sur les retraites, dont la réforme doit permettre d’importantes économies. Le Premier ministre a d’ailleurs précisé mardi qu'à défaut d'accord, la réforme actuelle continuerait de s'appliquer.

Des nouvelles recettes non intégrables

Côté recettes, outre le maintien des mesures prévues dans le projet initial, à l’instar d’une surtaxe sur les plus grandes entreprises juste pour un an, qui sera votée dans le budget 2026 mais perçue dès 2025 sous forme d’acompte pour contourner le problème de la non-rétroactivité des mesures fiscales, une taxe sur les patrimoines les plus aisés - d’abord envisagée, puis abandonnée par Michel Barnier - a été confirmée par le Premier ministre. Là aussi, elle serait perçue dès cette année par avance mais intégrée dans le budget 2026.

Par ailleurs, alors qu’une augmentation du prélèvement forfaitaire unique (Flat Tax) sur les revenus du capital pourrait être envisagée, sans toutefois qu’elle ne recueille de nombreux soutiens à ce stade, le gouvernement envisage surtout une hausse de la taxe sur les transactions financières qui passerait de 0,3% à 0,5%. Créée en 2012, avec un taux de 0,1%, passé rapidement à 0,2%, elle rapporte depuis 2017 et son passage à 0,3% près de deux milliards d’euros par an.

Reste un problème de taille, soulevé par le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel : il est techniquement impossible, conformément à la Constitution, d’intégrer des nouvelles mesures fiscales dans un texte budgétaire en débat. Dès lors, le gouvernement devra trouver un autre moyen d’adopter ces nouvelles mesures pour les rendre effectives dans les mois à venir.

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