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Tout savoir sur les «lumières sombres», ce courant de pensée où l'Etat est géré comme une entreprise et qui inspire Donald Trump

C’est en 2007 que les contours de cette «nouvelle idéologie» a été dressée. [Carlos BARRIA/REUTERS]

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, des projets de coupes budgétaires radicales et de «Riviera du Moyen-Orient» seraient, selon les experts, tirés des théories des «Lumières sombres». De quoi est-il vraiment question ?

Peut-on gouverner un Etat comme on dirigerait une entreprise ? Gaza en «Riviera du Moyen-Orient», départ des fonctionnaires, coupures importantes du budget... Certains projets et mesures de Donald Trump tireraient leurs origines des «Lumières sombres», un courant de pensée nommé ainsi pour s’opposer aux Lumières du XVIIIe siècle, basé sur le rejet de la démocratie et se voulant être «libertarien».

Si selon Arnaud Miranda, docteur en théorie politique, associé au CEVIPOF (Sciences Po), l'influence de ce mouvement sur l’administration Trump «semble difficile, à brûle-pourpoint, à déterminer avec précision», l’un de ses fondateurs Curtis Yarvin serait un proche de J. D. Vance, vice-président américain et de Michael Anton, directeur de la planification politique. Le second, Nick Land, ancien philosophe, milite pour la théorie de «l’accélérationnisme», qui défend un capitalisme poussé à l’excès.

C’est en 2007, lorsque Curtis Yarvin a lancé son blog Unqualified Reservations sous le pseudo Mencius Moldbug, que son premier texte, «A Formalist Manifesto» a dressé les contours d’une «nouvelle idéologie» qu’il souhaite construire.  

Critiquer l’inefficacité du gouvernement

Pour Curtis Yarvin, la démocratie aux Etats-Unis nuit à l’efficacité de l’Etat et est même «destructrice». Se qualifiant de néoréactionnaire, il rejette ainsi le progressisme, a expliqué Arnaud Miranda dans un texte publié sur The Conversation. C’est d’ailleurs le premier de ces deux termes qui se répandra dans les années 2010, particulièrement grâce à Nick Land.  

Figure de proue du Cybernetic Culture Research Unit, lecteur de Gilles Deleuze et de Félix Guattari, cet intellectuel anglais a découvert le travail de Curtis Yarvin. Sur son blog Urban Future qui n’existe plus aujourd’hui, Nick Land écrit alors une série d’articles intitulée «The Dark Enlightenment» (Lumières sombres», en français).

Toutefois, dans son texte, Arnaud Miranda a rappelé que si Nick Land a permis d’étendre la pensée de Curtis Yarvin, ce dernier ne fait pas mention du travail de l’ancien philosophe «et reste perméable à une perspective accélérationniste». 

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