L’Iran a rejeté dimanche tout dialogue direct avec les États-Unis, estimant que cela «n’aurait aucun sens». Au même moment, le président américain, Donald Trump, suggère des pourparlers sans intermédiaires et menace de bombarder le pays en cas d’échec de diplomatie.
La tension monte entre l’Iran et les États-Unis. La première puissance mondiale soupçonne depuis plusieurs années Téhéran de vouloir se procurer l’arme nucléaire, allégations jusqu’alors niées par les dirigeants iraniens.
Donald Trump avait adressé une lettre au gouvernement iranien le mois dernier, dans laquelle il appelait à des négociations sur leur programme nucléaire. Lettre qu’il avait accompagné de menaces de bombardement et de sanctions sur le secteur pétrolier, en cas d’échec de diplomatie, a rappelé l'AFP.
«Des négociations directes avec une patrie qui menace constamment de recourir à la force (…) et dont les différents responsables expriment des positions contradictoires n’auraient pas de sens», a déclaré samedi soir le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, selon des propos rapportés dimanche par son ministère.
Un désaccord supplémentaire
Les désaccords entre les deux puissances ne s’arrêtent pas là. Pour rappel, l’Iran et les États-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, à la suite de la prise d’otage de diplomates américains dans leur ambassade à Téhéran.
Alors que l'Iran préfère s'en tenir à des échanges par le biais de l’ambassade de Suisse, dans leur capitale, Washington réclame des négociations directes.
«Cela va plus vite et vous comprenez beaucoup mieux l’autre camp qu’en passant par des intermédiaires», a argumenté Donald Trump, ce à quoi l’Iran a répondu : «Si l’on veut négocier, à quoi bon menacer ?».
En 2015, l’Iran avait conclu un accord avec les membres permanant du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Russie, États-Unis, France et Royaume-Uni) et l’Allemagne pour encadrer ses activités nucléaires. Ce dernier prévoyait un allègement des sanctions en échange d’un encadrement des activités nucléaires iraniennes.