Le plus grand groupe yakuza du Japon, s'est engagé, cette semaine, à mettre fin aux conflits sanglants, les opposants avec d'autres groupes mafieux formés par d'anciens membres.
Vers la fin des yakuzas ? Le plus grand groupe mafieux du Japon, le Yamaguchi-gumi s'est rendu, ce lundi 7 avril, au commissariat de la région de Hyogo (centre du pays). Ainsi, les membres présents ont soumis une lettre stipulant mettre fin à «toutes les querelles internes», mais aussi la promesse de «ne pas créer de problèmes», a appris l'AFP ce jeudi 10 avril.
Le Yamaguchi-gumi menait une guerre aux groupes yakuza créés par d'anciens membres ayant quitté la plus grande organisation criminelle en 2015. Depuis 2020, de nombreux groupes avaient été placés sous surveillance spéciale par les autorités locales, lié à l'intensification des violences.
les organisations criminelles se réinventent
La mafia japonaise a été créée en période d'après-guerre. Peu à peu, les yakuzas sont devenus des groupes ultra-puissants pesant plusieurs milliards de dollars. Les membres vivent essentiellement du jeu, de la drogue et de la prostitution, mais leurs activités se sont élargies au BTP, recyclage, recrutement, assurance au fil des décennies.
Mais depuis quelques années, un déclin des membres est toutefois à noter. En effet, depuis 2005, le nombre de yakuzas diminue. En 2024, pas moins de 18.800 membres avaient été recensés, tombant pour la première fois sous la barre des 20.000. Les raisons à ce fort déclin seraient liées à une répression plus stricte, avait annoncé la police.
En revanche, la semaine dernière, les autorités locales ont alerté : «Certaines de leurs activités deviennent de plus en plus opaques et leurs sources de financement se diversifient». Des liens seraient présumés entre les yakuzas et des groupes criminels opérants via des escroqueries sur Internet, mais aussi des fraudes à l'investissement.
Toujours selon la police, certains des yakuzas seraient les chefs de file de ces nouveaux réseaux appelés «tokuryu». Le recrutement se fait uniquement sur les réseaux sociaux et les principales cibles seraient les jeunes à la recherche d'argent rapidement.
Le montant total de cette nouvelle fraude orchestrée par les yakuzas ainsi que les autres crimes imputables s'élèvent à 1,6 milliard d'euros en 2024 contre 387 millions en 2019.