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George Floyd : il y a 5 ans, le décès d’un quadragénaire noir par un policier blanc embrasait les Etats-Unis

Cinq ans après, de nombreux Américains rendent hommage à George Floyd. [© REUTERS/David Swanson]

Il y a cinq ans, George Floyd perdait la vie à la suite d'une arrestation policière violente. Un événement tragique qui a provoqué de nombreuses manifestations et un retour au premier plan du mouvement «Black Lives Matter».

Une page sombre de l'Histoire des Etats-Unis. Le 25 mai 2020, George Floyd subissait une interpellation brutale de la part de plusieurs policiers, provoquant son décès. Une tragédie qui a marqué la planète entière.

L'arrestation a eu lieu le 25 mai 2020, à la suite d'un appel téléphonique reçu par la police de Minneapolis. Avertie qu'un individu avait acheté des cigarettes à l'aide d'un faux billet et était «affreusement saoul», deux policiers ont approché George Floyd, encore présent sur les lieux, dans son véhicule. Ils lui ont alors demandé en vain de récupérer sa fausse coupure et de payer ses cigarettes avec un autre billet.

Claustrophobe, Il refuse de monter dans la voiture de police

Dès le début de l'interaction entre la police et l'individu, le ton est monté et l'un des premiers détenteurs de l'autorité publique sur place, Thomas Lane, n'a pas hésité à menacer George Floyd en lui pointant son arme. George Floyd est donc arrêté et menotté, pour refus d'obtempérer, sans se montrer agressif ni résistant.

Les choses se sont envenimées lorsque la police à demandé à l'Américain de 46 ans d'embarquer dans une voiture de police. Celui-ci, déclarant une claustrophobie et expliquant avoir été contaminé par le Covid-19 refusait d'y entrer. Il s'est alors laissé tomber au sol, avant d'être placé de force sur les sièges arrière de l'automobile. Il s'en est échappé, d'une manière inconnue des registres de police, avant d'être plaqué au sol et violemment maintenu en position allongée par Derek Chauvin, un officier arrivé en renfort des deux premiers policiers sur place.

Dereck Chauvin a été condamné à 21 ans de prison à la suite de cet homicide © REUTERS

Les passants, choqués par la brutalité de la scène, ont sommé à de multiples reprises les agents de libérer George Floyd, qui criait également de désespoir, soutenant qu'il ne réussissait pas à respirer. L'une des phrases que l'Américain clamait à la police, «I can't breathe» («je n'arrive plus à respirer»), est d'ailleurs devenue l'un des slogans qui a symbolisé cette funeste arrestation.

L'agent Derek Chauvin le maintenait au sol, genou contre la nuque

Après de longues minutes pendant lesquelles l'agent Derek Chauvin a dominé George Floyd, plaçant son genou sur sa nuque, ce-dernier affichait un état d'inconscience totale. Il a été pris en charge par une ambulance, où des massages cardiaques lui ont été prodigué. Quelques minutes plus tard, à l'hôpital, il a été déclaré mort.

L'autopsie officielle a révélé que son décès a été provoqué par la violence physique subie mais aussi à cause de maladies cardiovasculaire et une intoxication à des drogues, ce qui a causé l'arrêt cardiaque dont il a été victime. Un autre examen, demandé par ses proches, n'a soutenu que la thèse de l'asphyxie policière sans évoquer ses autres problèmes de santé.

Cette scène a d'autant plus ému les Américains et la communauté internationale qu'elle a été filmée par des caméras de sécurité placée au niveau de l'intersection où l'interpellation a pris place. Des vidéos tournées par des témoins ont également rapidement été postées sur les réseaux sociaux, ne manquant pas de provoquer des réactions nombreuses.

«un rappel douloureux»

De nombreuses personnalités publiques ont pris la parole pour dénoncer cet acte de barbarie et critiquer le «sectarisme et l'inégalité de traitement» comme l'a déclaré Barack Obama le 29 mai 2020. Bill Clinton a quant à lui expliqué que cette arrestation mortelle était «un rappel douloureux que la race d'une personne détermine encore la façon dont elle sera traitée dans presque tous les aspects de la vie américaine».

Aux Etats-Unis, de nombreuses célébrités ont participé aux manifestations rendant hommage au quarantenaire américain, qui ont eu lieu dans 2.500 villes et fait 32 morts suite à des débordements ainsi que 14.000 arrestations. A Paris, peu après les faits, deux manifestations ont rassemblé des milliers de personne place de la Concorde et sur le Champ-de-Mars pour protester contre les violences policières et rendre hommage à la victime.

Dans le monde du sport, les instances et les athlètes ont par exemple décidé de participé au mouvement «Black Lives Matter», montrant les sportifs de nombreux sports poser un genou au sol avant chaque début de match et ont même permis aux basketteurs de la ligue américaine de porter des maillots spéciaux où leur nom était remplacé par des petites phrases comme «Black Lives Matter» («La vie des noirs compte»), «Say Their Name» («Dites leur nom») ou encore «How Many More» («Encore combien ?»).

Le policier coupable d'avoir violemment agressé George Floyd jusqu'à causer son manque fatal d'oxygène a été condamné à 21 ans de réclusion par la justice du Minnesota. Les autres agents ont été condamnés pour complicité de meurtre.

A Minneapolis, lieu de la tragédie a été transformé en hommage à la victime © KEREM YUCEL / AFP

En outre, l'intersection où George Floyd a perdu la vie a été transformée en un mémorial, appelé «George Floyd Square», où de nombreuses personnes continuent de lui rendre hommage, notamment en ce 25 mai.

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