Au moins 150 personnes ont perdu la vie lors des récentes inondations dévastatrices à Mokwa, une ville commerçante du centre du Nigeria. Le bilan humain continue de s’alourdir, avec des centaines de disparus et des infrastructures essentielles, telles que des ponts et des écoles, gravement endommagées.
Une nouvelle dévastatrice. Plus de 150 personnes ont péri dans les récentes inondations qui ont touché la ville de Mokwa dans le centre du Nigeria, où des milliers de personnes ont été déplacées, a-t-on appris par un porte-parole de l'Agence de gestion des urgences (NEMA) de l'Etat du Niger, Ibrahim Audu Husseini. Les secouristes redoutent que le bilan des victimes ne s'alourdisse davantage. Un précédent bilan faisait état de 115 morts.
Ces pertes font suite aux pluies torrentielles mercredi 28 mai dernier au soir, qui ont submergé des dizaines d'habitations dans la ville de Mokwa et ses environs, située près du fleuve Niger. Au total, plus de 3.000 personnes ont été déplacées, 265 maisons «complètement détruites» et deux ponts emportés, a-t-il rapporté. Gideon Adamu, chef de la Croix-Rouge dans cet Etat, a annoncé à l'AFP au moins 78 blessés hospitalisés et plus de 50 enfants d'une école coranique portés disparus, selon le journal Daily Trust. Des bâtiments se sont effondrés et des routes ont été inondées dans cette ville qui se trouve à plus de 350 km de la capitale Abuja, a constaté vendredi un journaliste de l'AFP présent à Mokwa.
Les opérations de recherche se poursuivent
Sur le terrain, les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent ce samedi 31 mai. Le président nigérian Bola Tinubu a annoncé déployer massivement les forces de sécurité pour aider les premiers secours, tandis que «du matériel de secours et une aide temporaire pour l'hébergement sont déployés sans délai», a-t-on appris dans un message publié dans la nuit sur les réseaux sociaux.
La Croix-Rouge nigériane, des volontaires locaux, l'armée et la police ont tous répondu présent pour participer aux opérations de secours, a déclaré la NEMA. «Certains corps ont été récupérés dans les décombres de maisons effondrées», a déclaré le porte-parole de NEMA, ajoutant que ses équipes ont besoin d'excavatrices pour extraire les cadavres. Il a précisé que de nombreuses personnes sont encore portées disparues, citant l'exemple d'une famille de 12 personnes dont seuls quatre membres ont pu être localisés vendredi.
Plus de 1.200 morts en 2024
Ces drames surviennent alors que la saison des pluies commence au Nigeria et dure aux alentour de six mois. Les inondations, causées par des pluies importantes et des infrastructures défaillantes, font des ravages chaque année et tuent des centaines de personnes à travers ce pays d'Afrique de l'Ouest. Pour les scientifiques, le changement climatique alimente aussi des phénomènes météorologiques plus extrêmes.
Au Nigeria, les inondations sont aggravées par un drainage insuffisant, la construction d'habitations sur les cours d'eau et le déversement de déchets dans les canalisations et les voies navigables. En 2024, plus de 1.200 personnes ont été tuées et 1,2 million déplacées dans au moins 31 des 36 États du Nigeria.
Les médias locaux ont rapporté que plus de 5.000 personnes sont aujourd’hui sans abri, alors que la Croix-Rouge a déclaré que deux ponts importants de la ville avaient été détruits.