La politique migratoire radicale de Donald Trump s’est une nouvelle fois invitée à la Maison Blanche mercredi, quand le président a interrompu une conférence de presse pour demander à ses ouvriers s’ils étaient en situation régulière.
Contrôle d'identité surprise. Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, mercredi 18 juin, à l'occasion de l'installation des nouveaux mâts de drapeaux, le président des États-Unis Donald Trump a surpris en interrogeant les ouvriers présents sur leur statut migratoire.
Alors qu'il répondait à une question sur les efforts de son administration en matière d'expulsions, le chef d'État américain a déclaré, dans ce qui ressemblait à une tentative d'humour : «Nous les éliminons par milliers. Des meurtriers, des trafiquants de drogue, des malades mentaux, des asiles d'aliénés».
Puis, se retournant vers les ouvriers derrière lui, il a lancé : «Y a-t-il quelqu'un ici qui est membre de… Non, je ne pense pas. Vous connaissez ces gars-là depuis longtemps ? Y a-t-il des immigrants illégaux ?».
President Trump turns around and asks the construction workers - "Any illegal immigrants here?"
"If they were, they'd find out. They'll be checking you...your whole life will be destroyed because of this press conference!"
"This one is from you know where...don't worry, you'll… pic.twitter.com/iPp1FhhDA5— JOSH DUNLAP (@JDunlap1974) June 19, 2025
Une politique migratoire extrêmement restrictive
Alors que les travailleurs secouaient la tête dans un mélange de gêne et de rires nerveux, Donald Trump a poursuivi sur un ton moqueur : «S'il y en a eu, ils le découvriront. Ils vont enquêter sur vous. Vous n'y croirez pas. Toute votre vie sera ruinée à cause de cette conférence de presse. Ils diront… Voilà celui-là, il vient de je-ne-sais-où».
Le président des Etats-Unis a finalement tenté de rassurer les ouvriers, non sans ironie : «Ne vous inquiétez pas, je pense que tout ira bien. Je serai derrière vous… très loin derrière vous».
Ces propos font écho à une enquête du Washington Post en 2019, qui avait révélé que 48 sans papiers avaient travaillé pour des propriétés appartenant à la Trump Organization, et tous affirmaient que leurs supérieurs connaissaient leur situation irrégulière.
La scène s'est déroulée après l'installation de deux mâts, dressés à la demande expresse de Donald Trump — l'un sur la pelouse nord, l'autre au sud de la Maison Blanche. Selon le président, ces mâts sont un «cadeau» de sa part à la résidence présidentielle, qui, selon lui, «manquait toujours à ce magnifique endroit».
Depuis plusieurs mois, Donald Trump mène une politique migratoire stricte, visant aussi bien les migrants en situation irrégulière que ceux légalement installés. Son administration a notamment ciblé des étudiants et enseignants étrangers pour leurs opinions politiques, restreint les protections dont bénéficiaient des centaines de milliers d'immigrants régularisés, tendu des embuscades dans les tribunaux, perquisitionné des commerces et multiplié les arrestations de parents et d'enfants.