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Argentine : en pleine cure d'austérité, le gouvernement supprime un jour férié pour les fonctionnaires

De multiples mouvements de protestation ont lieu contre la politique d'austérité du président ultralibéral Javier Milei. [©Cristina Sille/REUTERS]

Traditionnellement une journée de congé pour les agents de la fonction publique, le «Jour du travailleur de l'État», du 27 juin, ne sera désormais plus férié en Argentine.

L'État argentin serre la vis. Le gouvernement a décidé de supprimer le jour férié associé à la Journée des fonctionnaires, qui était jusqu'à présent célébrée chaque 27 juin. Cette mesure s'inscrit dans la volonté des autorités de rompre avec ce qu'il qualifie de «culte de l'étatisme» appartenant au passé, selon lui.

«L'État n'est pas un endroit où l'on doit pouvoir jouir d'un jour sabbatique ou de tout autre privilège que n'a pas le travailleur du privé», a déclaré le porte-parole de la présidence, Manuel Adorni, à propos de ce jour chômé dans la fonction publique depuis une loi de 2013.

Le législateur de la ville de Buenos Aires a ajouté que «travailler dans l'État est un service rendu au citoyen qui s'efforce chaque jour de nourrir sa famille et qui, directement ou indirectement, est responsable du présent et de l'avenir du pays». 

Cette décision intervient dans un climat social particulièrement tendu dans le pays, marqué par de multiples mouvements de protestation contre la politique d'austérité du président ultralibéral Javier Milei

Les universités publiques en grève pendant 48 heures

Mercredi, plusieurs milliers de manifestants – pour la plupart des agents de la fonction publique – ont défilé dans la capitale, à l'appel de syndicats et d'organisations sociales proches de l'opposition péroniste (centre gauche), scandant des slogans tels que : «souveraineté, travail, et salaire digne», a rapporté l'AFP.

Ils se sont d'abord rassemblés devant le ministère de la Dérégulation de l'État, avant de rejoindre la manifestation hebdomadaire des retraités, qui protestent chaque mercredi devant le Parlement contre la baisse continue de leur pouvoir d'achat.

Point de ralliement pour diverses contestations, cette mobilisation, parfois infiltrée par des groupes radicaux, a déjà entraîné des affrontements avec les forces de l'ordre, notamment à la mi-mars, lors d'épisodes de violence parmi les plus graves depuis le début du mandat présidentiel.

Le personnel de l'emblématique hôpital public pour enfants Garrahan, comptant près de 4.000 employés, était lui aussi en grève mercredi, réclamant des revalorisations salariales.

Ce jeudi, ce sont les universités publiques qui ont prévu de se mobiliser contre les coupes budgétaires qui touchent les salaires, la recherche, les bourses étudiantes et l'entretien des établissements. Près de soixante universités et plusieurs syndicats d'enseignants ont ainsi appelé à une grève de 48 heures, accompagnée de manifestations dans de nombreuses villes à travers le pays.

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