L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis sept mois en Algérie pour avoir «porté atteinte à la sécurité de l’État», a été condamné mardi 1er juillet à cinq ans de prison en appel. En mars dernier, en première instance, il avait écopé de la même peine.
L'espoir d'un rapatrimant qui s'éloigne. Le Premier ministre français François Bayrou a dit mardi espérer «des mesures de grâce» du président algérien Abdelmadjid Tebboune après la condamnation par la cour d'appel d'Alger de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme pour «atteinte à l'unité nationale».
«La situation que Boualem Sansal subit est une situation que tous les Français et le gouvernement français trouvent insupportable, à juste titre. Maintenant qu'il y a eu condamnation, on peut imaginer que des mesures de grâce, notamment en fonction de la santé de notre compatriote, soient prises», a déclaré le chef du gouvernement français en marge d'un déplacement au ministère de l'Intérieur sur la canicule.
Bruno Retailleau ne veut «gâcher aucune chance»
«Je sais que toutes les instances exécutives, depuis le président de la République jusqu'au gouvernement, agissent en ce sens de manière à ce que l'humanité triomphe», a ajouté François Bayrou.
Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, qui avait défendu une «riposte graduée» à l'égard de l'Algérie dans cette affaire, a affirmé aux côtés de François Bayrou qu'il ne voulait «gâcher aucune chance, d'ici notamment la fin de la semaine, pour que Boualem Sansal puisse être libéré».
La cour d'appel d'Alger a confirmé mardi le verdict de première instance. Boualem Sansal avait été condamné le 27 mars à cinq ans de réclusion par le tribunal de Dar El Beida, près d'Alger, notamment pour des déclarations en octobre 2024 au média français d'extrême droite Frontières, où il estimait que l'Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.
L'écrivain, âgé de 80 ans et atteint d'un cancer de la prostate, selon ses proches, fait l'objet d'une âpre lutte diplomatique entre l'Algérie et la France depuis son arrestation à Alger le 16 novembre 2024. Cette affaire a envenimé une brouille entre Paris et Alger déclenchée en juillet 2024 par la reconnaissance par la France d'un plan d'autonomie «sous souveraineté marocaine» pour le Sahara occidental, territoire que se disputent depuis 50 ans le Maroc et les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger.