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La Suède veut sonder les immigrés sur leurs «valeurs» pour améliorer leur intégration

Le gouvernement suédois va interroger les migrants sur leurs «valeurs» afin de mieux favoriser leur intégration dans le pays. [©Tom LITTLE/REUTERS]

La ministre de l’Éducation et de l’Intégration suédoise a révélé ce 6 juillet qu’elle entendait sonder les migrants originaires de pays «non-occidentaux» afin de comparer leurs valeurs à celles des Suédois et ainsi trouver un plan pour favoriser leur intégration.  

Intégrer les immigrés : tel est l’objectif du gouvernement suédois. Ce dimanche 6 avril, la ministre de l’Éducation et de l’Intégration, Simona Mohamsson, a dévoilé un nouveau projet : interroger les migrants sur leurs «valeurs» afin de mieux favoriser leur intégration dans «la société progressiste et libérale» du pays.

La ministre a indiqué qu’environ 3.000 personnes seront interrogées sur leurs valeurs d’ici à l’automne, dont 1.500 d’origine suédoise et 1.500 migrants issus de pays «non-occidentaux». Elle précise que ce projet vise avant tout à préserver les valeurs de la Suède.  

«Ceux qui choisissent de venir en Suède ont la responsabilité d'essayer de s'intégrer dans la société», a-t-elle déclaré au journal suédois Dagens Nyheter, ajoutant : «Vivre en Suède n'est pas un droit humain».

L'idée de ces sondages lui serait venue après avoir pris conscience des différences culturelles profondes entre la Suède, qu’elle décrit comme un pays «laïc et non-patriarcal», et d'autres nations plus traditionnelles, où la religion, notamment, occupe une place centrale.

Dix ans pour s’intégrer  

Des études menées par le World Values Survey ont en effet révélé que certains migrants arrivés en Suède, ayant des opinions divergentes de celles des Suédois sur des sujets comme le divorce, les relations sexuelles hors-mariage, l'avortement ou l'homosexualité, des domaines dans lesquels la Suède est très progressiste, mettent près de dix ans à s’adapter aux normes et valeurs du pays.

«Dix ans, c'est beaucoup trop long. C'est toute une génération de filles qui ne peuvent pas choisir qui elles veulent aimer ou de garçons qui ne peuvent pas sortir du placard», a déclaré Simona Mohamsson.

Notons que depuis les années 1990, la Suède a accueilli un grand nombre de réfugiés, fuyant des pays en crise tels que l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Somalie, la Syrie ou encore l’ex-Yougoslavie. Toutefois, à la suite de la crise migratoire de 2015, les gouvernements successifs, indépendamment de leurs orientations politiques, ont tous durci les règles en matière d’asile. 

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