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Méga-barrage au Tibet : quel est ce projet chinois qui fait craindre le pire aux populations locales ?

Installé en Chine centrale, le barrage des Trois Gorges avait imposé le déplacement de 1,5 million de personnes. [STR / AFP]

La Chine a lancé un projet de barrage hydraulique titanesque, «le plus grand porté par le pays». Cette construction, estimée à 143 milliards d’euros, inquiète les frontières voisines comme l’Inde et le Bangladesh. 

Construire le plus grand barrage du monde n’est pas un long fleuve tranquille. L’empire du Milieu s’attaque à un nouvel édifice : un méga-barrage sur le Yarlung Tsangpo, qui traverse également l’Inde et le Bangladesh. Ces deux pays s’inquiètent de ce nouveau complexe hydraulique.

Samedi dernier, le Premier ministre chinois, Li Qiang s’est rendu sur place, au Tibet, pour inaugurer le premier coup de pioche de Medog, le futur plus grand barrage du monde. Ce mastodonte de la production hydraulique prévoit de produire 300 milliards de kilowatts/heure soit autant que la totalité de l’électricité fournie par le parc nucléaire français. 

Cette démesure va coûter 143 milliards d’euros à la Chine et va devenir le barrage le plus cher du monde. Il sera composé de cinq centrales hydroélectriques et produira trois fois plus d’énergie que le précédent plus grand barrage du monde, aussi chinois, les Trois Gorges mis en service en 2012. 

l’Inde menacée par la privation d'eau

Les deux pays au sud, le Bangladesh et l’Inde, qui partagent également le fleuve Yarlung Tsangpo, relèvent quelques enjeux. Cette nouvelle construction va naître à seulement 30 kilomètres de la frontière indienne sur une zone sismique. 

Le ministre indien des Affaires étrangères a fait part de son inquiétude sur la capacité de la Chine de bloquer l’entièreté du fleuve, ou au contraire, d’augmenter le débit. Dans les deux cas, les dommages seraient importants en période de crue et de mousson. 

Ce barrage est vu comme «une arme contre l’Inde» par le chef du gouvernement régional de l’État du Nord-Est de l’Inde. Même si Pékin a affirmé qu’il n’y aurait «aucun impact négatif» sur ces pays.

Les Tibetains seraient les premiers à en souffrir

L’autre enjeu, plus local, concerne les populations du Tibet. Installé en Chine centrale, le barrage des Trois Gorges avait imposé le déplacement de 1,5 million de personnes. Le risque est le même pour ce nouveau complexe hydraulique pour les Tibétains. 

Le Tibet a été annexé par l’empire du Milieu en 1950 et est maintenant une ressource cruciale pour la Chine avec ce fleuve le plus long et plus profond du monde à 5.000 mètres d’altitude. Il s’inscrit dans une démarche verte durable de la part de la puissance mondiale de l’Asie de l’Est. 

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