Le Nigeria souffre d'une malnutrition importante, qui a coûté la vie à plus de 600 enfants dans le nord du pays en 2025. Les organisations humanitaires mondiales alertent quant à «une crise qui dépasse toutes les prévisions».
Un fléau aux ravages mortels. Médecins Sans Frontières (MSF) fait état d'une «crise de malnutrition alarmante», ayant déjà causé 652 morts chez les enfants du nord du pays le plus peuplé d'Afrique. En cause, certains conflits militaires et une inflation bondissante.
L'ONG médicale humanitaire a estimé que la malnutrition infantile avait grimpé de 208 % entre janvier et juin 2025, par rapport à l'année précédente. 2024 a marqué un tournant dans la crise nutritionnelle qui sévit dans le nord du pays, comme l'a déclaré Ahmed Aldikhari, représentant de MSF au Nigeria.
Plus de 1 personne sur 10 souffre de malnutrition sévère au Nigeria
David Stevenson, chef du Programme Alimentaire Mondial au sein du pays africain, alerte quant à lui d'un nombre record de 31 millions de personnes faisant face à une malnutrition sévère. Au total, le pays compte 230 millions d'habitant. Plus de 13% de la population est donc concernée.

De son côté, l'organisation mondiale WFP (World Food Programme), explique la situation nigériane par «certains conflit, l'insécurité, une inflation grandissante et l'impact de la crise climatique». Ils estiment également que les conflits armés (notamment les attaques jihadistes) du nord du pays ont causé le déplacement de 2,3 millions de personnes et laissé 5 millions d'autres dans l'insécurité et un accès limité à la nourriture.
«L'ampleur réelle de la crise dépasse toutes les prévisions»
De plus, le Nigeria est sujet à des sècheresses périodiques et des inondations importantes. Cela a un effet prononcé sur les récoltes agricoles du pays, rendant les populations vulnérables et dépendantes des aides humanitaires internationales, notamment dans les zones rurales.
Le pays risque donc de connaître une crise majeure suite à la volonté américaine de suspendre ses aides humanitaires en Afrique, décision prise par décret en février dernier par la Maison Blanche. En 2023, le pays avait reçu une aide de 600 millions de dollars de la part du Bureau ovale, 510 millions d'euros dans le domaine de la santé, soit 20% de son budget dans le secteur. «L'ampleur réelle de la crise dépasse toutes les prévisions», a expliqué Ahmed Aldikhari, citant les «coupes budgétaires massives, réalisées notamment par les Etats-Unis» mais aussi «le Royaume-Uni et l'Union européenne».