Le président américain Donald Trump s'apprête à rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine en Alaska ce vendredi 15 août pour tenter de mettre fin à la Guerre en Ukraine. Le 49e État américain, le moins peuplé du pays, n'a pourtant pas été choisi de façon anodine.
Un lieu hautement symbolique ou purement provocateur ? C'est en Alaska, loin des buildings et autres gratte-ciels émiratis, que Donald Trump tentera de mettre fin à la Guerre en Ukraine, ce vendredi 15 août, dans un paysage bucolique, feutré, sur ses terres américaines, davantage propice aux négociations pense-t-il.
Des raisons géographiques ont d’abord été évoquées alors qu'un pays dit neutre est habituellement choisi. L'Alaska était «assez logique», a jugé le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.
L’État américain, vaste territoire à cheval sur le cercle polaire arctique, n’est en effet séparé du territoire russe que par le détroit de Bering. L'hiver, la glace peut même marier les deux terres. «La Russie et les États-Unis sont des voisins proches, avec une frontière commune», a ainsi pointé Iouri Ouchakov.
L'Amérique russe
Le Kremlin a également mentionné une raison plus concrète. «L’Alaska et l’Arctique sont des zones où les intérêts économiques de nos deux pays se recoupent et il y a des possibilités de projets de grande ampleur mutuellement avantageux», a souligné Iouri Ouchakov, rappelant toutefois que les discussions porteraient avant tout sur l’Ukraine.
Si ni Moscou ni Washington n’y a fait référence, difficile néanmoins d’éluder la dimension symbolique de ce choix. En effet, les deux puissances partagent une histoire commune avec l'Alaska.
Plus vaste territoire des États-Unis avec ces immenses glaciers et forêts à perte de vue d'une superficie de 1,7 million de km2, l'Alaska avait été racheté aux Russes par Washington en 1867 pour 7,2 millions d’anciens dollars. Un héritage qui lui vaut, au XIXe siècle, le nom d'«Amérique russe».
Un choix symbolique ou provocateur ?
«Trump a choisi d’accueillir Poutine dans une partie de l’ancien empire russe. Je me demande s’il sait que les nationalistes russes affirment que la perte de l’Alaska, comme celle de l’Ukraine, a été une mauvaise affaire pour Moscou, qu’il faut corriger», a remarqué sur X, Michael McFaul, ancien ambassadeur des États-Unis en Russie.
En effet, le regret semble, depuis, ronger les nerfs de quelques Soviétiques puis de quelques Russes. Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, en février 2022, et la résurgence d'un discours farouchement impérialiste du côté de Vladimir Poutine, certains exaltés de la «Grande Russie» réclament le retour de l'Alaska dans le giron étendu de Moscou. En juillet 2022, Viatcheslav Volodine, le président de la Douma - la chambre basse de l'Assemblée russe - et proche de Vladimir Poutine, avait menacé les États-Unis de récupérer l'Alaska.
Trump inviting war criminal Putin to America is nauseating enough, but hosting him in Alaska — while Putin's pet propagandists routinely demand it back from the US on state TV — is beyond the pale. Unless Putin is arrested upon arrival, there's no excuse.https://t.co/C1xAnA91vG
— Julia Davis (@JuliaDavisNews) August 9, 2025
«L’invitation de Trump au criminel de guerre Poutine aux États-Unis est déjà assez écœurante, mais l’accueillir en Alaska – alors que les propagandistes favoris de Poutine réclament régulièrement sa restitution à la télévision d’État – est inadmissible», a jugé la journaliste américaine Julia Davis.
«Le seul endroit le plus approprié pour Poutine en vue de ce sommet en dehors de l’Alaska… aurait été Moscou», a estimé de son côté sur la chaîne CNN John Bolton, ex-conseiller à la sécurité de la Maison-Blanche, évoquant déjà une «grande victoire» pour le président russe.