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Fast fashion : quelles sont les mesures prises par l’UE pour lutter contre ce phénomène ?

L'interdiction de la destruction de vêtements ou de chaussures fait partie des mesures prise par l'Union européenne. [©Sarah Meyssonnier/REUTERS]

Alors que la fast fashion continue de gagner du terrain, l'Union européenne souhaite freiner sa progression. Entre coût environnemental et social, des textes clés et des mesures ont été adoptés pour transformer en profondeur le secteur du textile.

C'est le modèle dominant dans l'industrie du textile mondiale. La «fast fashion» (mode rapide ou mode éphémère) séduit les consommateurs par ses prix bas et une adaptation rapide aux nouvelles tendances. Ce mode de production et de consommation crée néanmoins des dommages pour l'environnement et les droits sociaux.

Environnemental d'abord, car elle produit des vêtements en grande quantité, mais de faible qualité. Pour un jean, l'empreinte d'eau, c'est à dire l'ensemble de l'eau douce utilisée pour produire, distribuer et traiter en fin de vie des produits, varie de 3.500 à 7.000 litres d'eau.

Sur le plan social, la fast fashion repose souvent sur une main-d'œuvre sous-payée, dans des conditions de travail parfois déplorables. L'incident du Rana Plaza en 2012 en est le parfait exemple. Cet immeuble de huit étages qui abritait six ateliers de confection textile à Dacca, la capitale du Bangladesh, s'est effondré, causant la mort de 1.100 personnes et faisant plus de 2.000 blessés.

Des lois et des mesures adoptées à l'échelle européenne

Afin d'encadrer la production et la consommation de textile, l'UE s'est dotée au mois de mars 2022 d'une stratégie pour des textiles durables et circulaires, proposant des mesures axées sur l'ensemble du cycle de vie de ces produits, tout en soutenant l'écosystème de cette matière dans ses efforts de transition.

En juillet 2024, un règlement sur l'éco-conception des produits durables est entré en vigueur. Il établit un cadre pour fixer des exigences sur la durabilité, la réparabilité et la recyclabilité. Cette législation introduit aussi un passeport numérique des produits. En conséquence, tous les produits soumis à une obligation d'éco-conception devront être munis d'un passeport accessible en ligne et être identifiés de manière unique.

Autre point important, la destruction des vêtements, chaussures et accessoires vestimentaires invendus sera interdite d'ici à 2026.

Le sénat a aussi etudié des mesures

Plus récemment, une proposition de loi pour la lutte contre la fast fashion, votée à l'Assemblée nationale, a été examinée au Sénat le lundi 2 juin 2025, mais avec des règles assouplies. Les plates-formes telles que Shein, Temu et AliExpress ont été concernées.

Le texte anti fast fashion prévoyait d'interdire la publicité de ces produits, de mettre en place une pénalité pouvant atteindre 50% sur les ventes en 2030 ainsi qu'une taxe sur les colis. Cependant, les critères de la sanction financières ont été ajustés par le Sénat et l'interdiction de la publicité concerne uniquement les influenceurs.

En France, selon le gouvernement, l'industrie du textile est actuellement responsable d'environ 10% des émissions de gaz à effet de serre. Un taux qui risque d'atteindre 26% d'ici à 2050 si la situation reste inchangée.

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