L'un des mystères archéologiques les plus connus pourrait avoir été levé. Un groupe de chercheurs affirme en effet avoir remonté la provenance des sculptures indigènes gigantesques de l'île de Pâques (Chili). Il s'agit d'un véritable «Disneyland archéologique», selon les historiens.
Une découverte majeure. Au Chili, l'île de Pâques et ses moaï, impressionnantes sculptures en forme de têtes indigènes, n'ont cessé d'intriguer les chercheurs. Certains d'entre eux disent cependant avoir percé le mystère. Voici comment ces blocs de 80 tonnes ont pu être confectionnés, il y a plusieurs siècles.
Depuis leur fabrication, estimée au XIIIe siècle, et leur découverte, au XVIe siècle, personne n'a réussi à expliquer d'où viennent ces moaï. En effet, ces sculptures particulièrement lourdes n'étaient que l'objet de théories, voire de fantasmes des archéologues mais constituaient un mystère, au même titre que la création des pyramides égyptiennes, par exemple.
«Des ateliers distincts, correspondant à un groupe clanique différent»
Mais un groupe de scientifiques, mené par les anthropologues Carl Lipo de l'Université de Binghamton (États-Unis) et Terry Hunt de l'Université de l'Arizona (États-Unis) a procédé à une analyse 3D de la principale carrière de moaï de l'île et en ont conclu que de nombreux ateliers existaient et produisaient chacune des différentes sculptures.
Ainsi, elles auraient donc été à l'origine de différents clans ou de familles rivales. Chaque atelier fonctionnait en utilisant ses propres techniques, parfois des méthodes de production qui leur étaient propres, et certaines autres, des processus plus communs.

«La carrière est un peu comme un Disneyland archéologique», a expliqué le professeur Carl Lipo dans un communiqué. «On y trouve des ateliers distincts, chacun correspondant à un groupe clanique différent, qui travaille intensivement dans son domaine spécifique», reprend-il.
La dispersion géographique des statues, une preuve supplémentaire
Un autre élément poussant les chercheurs à mettre en avant l'absence d'une gestion centralisée de la construction des moaï, est que les scientifiques ont observé que les statues sculptées étaient transportées à l'extérieur de la carrière dans plusieurs directions différentes, plutôt que le long d'une voie principale.
Grâce à leur analyse en trois dimensions de cette partie de l'île, obtenue grâce à 22.000 photographies, notamment aériennes des lieux, ils ont pu découvrir des parties supérieures et latérales de la zone qui n'étaient auparavant pas visibles au sol. Ainsi sont apparues les différentes trajectoires des monolithes.
Ils ont donc pu apercevoir qu'encore aujourd'hui, gisent des moaï qui témoignent qu'à cette époque, «il y avait une série de statues en cours de fabrication ici, une autre série de statues là, et qu'elles sont alignées les unes à côté des autres».