Une épave, datant d'il y a 500 ans découverte en 2025 en Méditerranée par l’armée, pourrait présenter «un témoignage précieux sur l'histoire maritime», selon les scientifiques français.
Une découverte majeure. Depuis plusieurs mois, le Cephismer (Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer) et le Drassm, qui dépend du Ministère de la Culture (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) mènent conjointement l'opération Calliope 26.1.
Une mission qui constitue la première étape d'un travail de recherche sur l'épave Camarat 4, la plus profonde jamais retrouvée en eaux territoriales françaises. Englouti il y a 500 ans, ce navire a été découvert fortuitement en 2025 dans le cadre d'une opération de maîtrise des fonds-marin conduite par l'armée.
D'après les scientifiques, ce navire marchand transportait au moment du naufrage des centaines de pichets et d'assiettes richement décorées de motifs floraux, de croix, de poissons bleus, oranges et verts. Pour modéliser l’épave, près de 68.000 photos ont été prises.
«On ne se rend pas compte de la profondeur. Grâce à cette qualité, on peut dire qu'il s’agit vraisemblablement d'un bateau de commerce qui transporte de la faïence de Ligurie (nord-ouest de l'Italie, ndlr), donc peut-être du port de Gênes ou de Savone», a confié à l’AFP Franca Cibecchini, archéologue maritime au Drassm.
Une exposition à venir
«Ce qui est important, c'est aussi que c'est un site sur lequel il n’a pas pu y avoir de tentative de pillages après le naufrage», a ajouté Marine Sadania, la chercheuse qui pilote les opérations.
«Pour le XVIème siècle, on a des textes qui ne sont pas très bavards sur les navires de commerce, c'est donc un témoignage précieux sur l'histoire maritime, les réseaux de transports», a poursuivi la scientifique.
Au cours de la campagne, plusieurs pichets et assiettes sont prélevés pour être analysés une fois revenus à terre.
Une exposition temporaire est prévue en novembre au musée de la Marine de Toulon pour présenter au grand public les premiers résultats des chercheurs. L'épave restera elle au fond de l’eau pour respecter les modèles de conservation préconisés par l'UNESCO.