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«Il n'assure pas sa fonction» : l'inquiétude grandit autour du sarcophage anti-radiation de la centrale nucléaire de Tchernobyl

En février dernier, un drone russe a percuté et laissé un grand trou dans le Nouveau Confinement de Sécurité (NSC). [Handout / International Atomic Energy Agency (IAEA) / AFP]

Visé par un drone russe en février dernier, la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, inquiète particulièrement Kiev. Alors qu'il faudra plusieurs années pour réparer les dégâts causés par l'attaque, les autorités ukrainiennes affirment que des bombardements russes risqueraient de déclencher un nouveau drame sur ce site nucléaire.

Une menace réelle. Il y a près de quarante ans, la centrale de Tchernobyl, dans le nord de l’Ukraine, a été le lieu du pire accident nucléaire jamais survenu sur la planète. Et depuis que l’invasion russe a débuté en 2022, Kiev s’inquiète qu’une autre catastrophe se produise.

Plusieurs années de travaux de réparation

En février dernier, un drone russe a percuté et laissé un grand trou dans le Nouveau Confinement de Sécurité (NSC). Une enveloppe externe moderne et de haute technologie devant éviter le rejet de matières radioactives dans l'atmosphère. Cette dernière remplace un «sarcophage» construit à la hâte afin de recouvrir le cœur détruit du réacteur numéro quatre, accidenté en avril 1986.

Mais les travaux de réparation sont toujours en cours dix mois après cette frappe russe. Et selon le directeur du site, Sergiï Tarakanov, il faudra peut-être encore trois à quatre ans avant que le dôme extérieur ne remplisse à nouveau pleinement son rôle en matière de sécurité.

Actuellement, «il n'assure pas sa fonction de retenir les substances radioactives à l'intérieur», a-t-il souligné, faisant écho aux préoccupations de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

«C'est la principale menace»

Dès le premier jour de son invasion en février 2022, l’armée russe s’est emparée du site de Tchernobyl avant de l’abandonner quelques semaines plus tard. Face à cela, l’Ukraine a accusé à plusieurs reprises la Russie de prendre pour cible ses centrales nucléaires. Kiev affirme que les bombardements russes risquaient de déclencher un nouveau drame.

Depuis le début du conflit, Moscou vise régulièrement le réseau énergétique de l’Ukraine, obligeant les Ukrainiens à réduire la puissance de leurs installations nucléaires. En octobre, une frappe russe sur une sous-station proche de Tchernobyl a coupé l'alimentation électrique de la NSC.

Les inquiétudes concernant le sort de Tchernobyl, et ce qui pourrait arriver, sont donc vives. Pour Sergiï Tarakanov, une autre attaque russe ou même un puissant bombardement à proximité pourrait entraîner l'effondrement de la coque anti-radiations interne. «Personne ne peut garantir que la structure de protection restera debout après cela. C'est la principale menace», met-il en garde.

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