La Russie accuse un diplomate britannique d'espionnage et a annoncé ce jeudi son expulsion dans les deux semaines.
Envoyé en Russie en tant que deuxième secrétaire de l'ambassade britannique, Gareth Samuel Davies est accusé par Moscou d'être membre des «services secrets» du Royaume-Uni. Une procédure d'expulsion à son encontre a été annoncée ce jeudi 15 janvier.
Dans un communiqué, la diplomatie russe a expliqué que la chargée d'affaires britannique Danae Dholakia avait été convoquée au ministère russe des Affaires étrangères pour être informée du «retrait de l'accréditation» d'un diplomate de l'ambassade en raison d'«informations reçues (...) sur son appartenance aux services secrets».
Les services russes de sécurité (FSB) ont donné le nom de Gareth Samuel Davies, le présentant comme un espion sous couverture et insistant sur le fait que Moscou «ne tolérerait pas sur le territoire russe de membres des services secrets britanniques non déclarés».
Des relations déjà tendues
Le Britannique a désormais deux semaines pour quitter le pays et Londres a de son côté dénoncé des accusations «malveillantes» et «infondées».
Cette annonce intervient alors que le Royaume-Uni, l'un des principaux soutiens militaires et financiers de Kiev, participe activement aux efforts diplomatiques occidentaux pour tenter de mettre fin à près de quatre ans de conflit.
Les relations entre les deux pays étaient déjà au plus bas avant la guerre en Ukraine mais elles sont d'autant plus tendues depuis le début de l'offensive russe lancée en février 2022. Ce jeudi, la diplomatie russe a d'ailleurs affirmé être prête à «une riposte symétrique décisive si Londres se décide à une escalade».
Des expulsions précédentes
En avril dernier, l'exécutif britannique avait imposé à toute personne travaillant pour l'Etat russe au Royaume-Uni de s'enregistrer auprès du gouvernement dans le cadre d'un système de surveillance des «influences étrangères», sous peine de prison.
La Russie avait aussitôt dénoncé comme «insensées» ces restrictions concernant non seulement les personnes liées aux forces armées et la police russes, mais aussi celles en lien avec «plusieurs partis politiques contrôlés par la Russie, dont Russie Unie».
Dans ce climat de tensions, les expulsions réciproques de diplomates ont été fréquentes ces dernières années entre les deux pays. En mars dernier, le gouvernement britannique avait décidé d'expulser un diplomate russe et la conjointe d'un diplomate en réponse à une mesure similaire de Moscou, dénonçant une «campagne de harcèlement».
Le même mois, la Russie avait accusé le deuxième secrétaire de l'ambassade du Royaume-Uni à Moscou et l'époux de la première secrétaire d'effectuer «un travail de subversion et de renseignement» qui menacerait sa sécurité.