Le monde vient de battre un record : celui de la plus longue période sans essais nucléaires. Une première qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu entre les puissances nucléaires, notamment les États-Unis, la Russie et la Chine.
Punggye-ri : c’est à proximité de ce petit village de Corée du Nord qu’a eu lieu le dernier essai nucléaire en 2017. Depuis cette date, il s’est écoulé huit ans, quatre mois et treize jours sans qu’aucune explosion nucléaire n’ait lieu. Il s’agit d’une première depuis l’essai Trinity, réalisé au Nouveau-Mexique en 1945, qui avait marqué le début de l’ère nucléaire. La précédente plus longue période d’accalmie avait duré huit ans, quatre mois et trois jours, entre le 30 mai 1998 et le 3 octobre 2006, date du premier essai nucléaire nord-coréen.
Entre 1945 et 2017, ce sont les États-Unis qui ont effectué le plus grand nombre d’essais nucléaires (1.030), suivis par la Russie/URSS (715), la France (210), la Chine et le Royaume-Uni (45 chacun).
La Russie et les États-Unis, possèdent à eux seuls près de 90 % des armes nucléaires mondiales. Les Russes disposent d’environ 4.300 têtes nucléaires, tandis que les Américains en possèdent près de 3.700. Encore en retrait, la Chine possède environ 600 têtes nucléaires et prévoit d’en disposer de 1.000 d’ici à la fin de la décennie. Les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales ont effectué leurs derniers essais nucléaires au début des années 1990, respectant ainsi le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ouvert à la signature en 1996.
Un contexte géopolitique tendu
Cette position pourrait toutefois évoluer au regard des déclarations récentes de leurs dirigeants. Donald Trump, lors d’un voyage en Corée du Sud en marge d’une rencontre avec Xi Jinping en octobre 2025, a déclaré avoir ordonné au Pentagone de «commencer à tester nos armes nucléaires sur une base égalitaire». La réponse de Vladimir Poutine ne s’est pas fait attendre : «Si les États-Unis ou d’autres pays signataires du TICE venaient à reprendre des essais nucléaires, la Russie devrait également prendre des mesures de riposte appropriées et proportionnées», a déclaré le président russe.
Cette escalade intervient dans un contexte où les tensions entre les puissances s’intensifient. En Ukraine, aucun accord de paix n’a encore été signé, tandis que la Russie a récemment effectué un tir de son missile de dernière génération Orechnik capable de porter des ogives nucléaires mais qui n'en était pas armé. Les velléités de la Chine sur Taïwan créent également un climat d’incertitude entre Pékin et Washington.