Alors que les tensions autour du Groenland font rage, la commande de brise-glaces finlandais par les États-Unis fait couler de l'encre. Voici ce que l'on sait sur cette acquisition très observée.
Un renforcement glacial. Les États-Unis ont annoncé en octobre 2025 une commande de nouveaux brise-glaces à la Finlande, experte en la matière. Les «meilleurs brise-glaces au monde» y seraient produits, a assuré Donald Trump. En pleines tensions géopolitiques autour du Groenland, cet achat remonte à la surface.
Un enjeu commercial pour les États-Unis ?
Alors que le président finlandais, Alexander Stubb, avait été reçu à la Maison Blanche le jeudi 9 octobre 2025, son homologue américain avait annoncé un projet de construction de 11 brise-glaces avec les Finlandais. Une opération dont le coût avait été estimée à 6,1 milliards de dollars (environ 5,2 milliards d'euros).
«Nous avons une grosse commande qui arrive. Nous achetons des brise-glaces. Nous les construisons ensemble pour la plupart. Nous en faisons quatre là-bas (en Finlande, ndlr) et sept ici (aux États-Unis). Je pense que nous avons négocié un assez bon prix», expliquait Donald Trump.
L'objectif du président américain était de renforcer la présence des États-Unis en Arctique face à la Russie et la Chine. Le pays de Vladimir Poutine possède notamment une quarantaine de brise-glaces. «Nous avons vraiment besoin de ces navires, parce que nous avons un grand territoire, plus que quiconque», indiquait Donald Trump.
Le transport maritime et l'exploitation de ressources comme le gaz, le pétrole ou des minerais sont des pistes importantes, permises par le réchauffement de l'Arctique, qui y est jusqu'à quatre fois plus rapide que dans le reste du monde. Des routes commerciales entre l'Asie et l'Europe s'ouvrent alors peu à peu, où les cargos peuvent facilement naviguer.
«Le trafic maritime est tout simplement beaucoup plus important dans cette partie du monde actuellement», a constaté Peter Rybski, ancien officier de la marine américaine et expert en brise-glaces, interrogé par la BBC.
«On observe une industrie active d'exploration et d'extraction de pétrole et de gaz en Russie, ainsi qu'une nouvelle route entre l'Europe et l'Asie», a-t-il conclu. Un scénario qui pourrait également se produire pour le Groenland. Pour le moment, 80% de sa superficie est recouverte de glace.
La Finlande, experte en brise-glaces
Les prototypes de brise-glaces finlandais ont été testés dans des bassins glacés de 70 mètres de long. «Il est crucial que le brise-glace soit résistant au niveau de sa structure, avec des moteurs puissants», a indiqué à la BBC l'ingénieure Riikka Matala.
«Il faut une coque dont la forme permet de briser la glace, en la courbant vers le bas. Il ne s'agit pas de la couper, ni de la trancher», a précisé le directeur général d'Aker Arctic, Mika Hovilainen.
80% des brise-glaces actuellement en service ont été construits par des entreprises finlandaises, et 60% sont issus de chantiers navals finlandais. Une domination sur le marché expliquée par les impératifs de la Finlande.
«La Finlande est le seul pays au monde où tous les ports peuvent geler en hiver, alors que 97% des marchandises importées dans le pays le sont par voie maritime», a expliqué à la BBC le directeur général d'Arctia, Maunu Visuri.
Avant de conclure : «C'est une véritable nécessité pour la Finlande. Nous disons que la Finlande est une île».