Dans le film «Le Mage du Kremlin», sorti ce mercredi 21 janvier en France, Vladimir Baranov joue un rôle important dans l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine. Bien que fictif, ce personnage a été inspiré de Vladislav Sourkov, considéré comme le principal conseiller politique du Kremlin.
L’affiche du film est partout. On y voit un homme blond, en costume et cravate, le visage sévère. Sa silhouette ressemble à celle du président de la Russie. Pourtant, il s’agit bien de l’acteur britannique Jude Law. Dans le film «Le Mage du Kremlin», sorti sur les écrans français ce mercredi 21 janvier, il incarne le rôle de Vladimir Poutine.
Si le mage est à l'écran, il ne l'est pas vraiment à la réalisation. #LemageduKremlin
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Bien que le film d’Olivier Assayas inspiré du roman du même titre de Giuliano da Empoli raconte l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine, ce dernier ne tient qu’un rôle secondaire dans l’intrigue. À l’instar de Giuliano da Empoli, Olivier Assayas construit tout son scénario autour de son plus proche conseiller Vladimir Baranov, dont il nous dresse le portrait.
Un pilier de la nouvelle Russie
Si Vladimir Baranov est un personnage fictif, il n’est pas pour autant irréel. L’écrivain Giuliano da Empoli a d’ailleurs reconnu s’être inspiré de la vie de Vladislav Sourkov, dont la vie est quasi similaire.
Né en 1964 en ex-URSS et aujourd'hui âgé de 61 ans, ce dernier a gravit rapidement les échelons, en occupant différents postes dans les relations publiques. En 1999, il fut recruté par l’administration présidentielle de Boris Eltsine. La même année, Vladimir Poutine était nommé Premier ministre. Et dans la foulée, Vladislav Sourkov devint son conseiller. Une fonction épineuse d'autant qu'il a été confronté à la seconde guerre de Tchétchénie pour son baptême du feu. Au sein du Kremlin, il a fait son nid dans la politique intérieure du pays et a travaillé notamment à la mise en place d’une «démocratie souveraine».
Annexion de la Crimée en 2014
Démis de ses fonctions en 2012, il devient alors conseiller du président russe concernant les régions de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Surtout, l'homme du Kremlin va jouer un rôle crucial dans l’annexion de la Crimée en 2014. En représailles, Barack Obama ira même jusqu'à le priver de visa pour les Etats-Unis, avant de geler ses avoirs à l'étranger.
Pour autant, il n’est plus du tout aux manettes lors de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Il a été contraint de quitter son poste. Il était devenu «trop odieux», confie lui-même Vladislav Sourkov au «Financial Times».
«Quand quelqu'un occupe une certaine fonction et que les gens parlent de lui pendant si longtemps en le qualifiant de marionnettiste, d'étrangleur de la démocratie, le gouvernement doit parfois se débarrasser de ces personnes, poursuit l'ancien publicitaire. Elles doivent être remplacées afin qu'elles cessent d'irriter la population.»