En direct sur la chaîne italienne Canale 5, une expérience spectaculaire a démontré l’extrême inflammabilité de la mousse acoustique utilisée dans le bar Le Constellation, ravagé par un incendie meurtrier à Crans-Montana. En quelques secondes, le matériau s’embrase, libérant flammes, fumées toxiques et fragments en feu.
Personne ne s’attendait à une telle violence. L’émission italienne «Dentro la Notizia», diffusée en direct sur la chaîne Canale 5, a proposé une reconstitution glaçante de l’inflammation de la mousse acoustique utilisée dans le bar Le Constellation, ravagé par un incendie meurtrier à Crans-Montana, en Suisse. La démonstration, menée par des professionnels dans des conditions strictement encadrées, a mis en lumière la dangerosité extrême de ce matériau bon marché, pourtant couramment utilisé.
In diretta a #DentrolaNotizia, la dimostrazione di quello che è successo a Crans-Montana. pic.twitter.com/lAXeWJ1uX7
— Dentro la Notizia (@dentronotiziatv) January 19, 2026
Une expérience choc diffusée en direct
C’est dans une pièce située à bonne distance du plateau que l’expérience a été réalisée. L’objectif : tester l’inflammabilité de la même mousse isolante en polyuréthane que celle installée au plafond du bar sinistré. Les images parlent d’elles-mêmes. Deux bougies incandescentes, fixées au bout d’une perche, sont approchées du plafond. À peine la flamme effleure-t-elle la surface que le matériau s’embrase, commente l’animateur Gianluigi Nuzzi, visiblement sous le choc.
Si le feu ne se propage pas instantanément à l’ensemble du plafond, il ne faut attendre qu’une vingtaine de secondes pour assister à un embrasement généralisé et violent. Les spécialistes présents se reculent précipitamment et la mousse en combustion libère de gros fragments enflammés qui chutent au sol, tandis qu’une fumée épaisse et toxique envahit la pièce. Une fumée capable de provoquer la mort en quelques dizaines de secondes en l’absence d’évacuation. Sur le plateau, le silence est lourd. Les spectateurs, effarés, prennent pleinement conscience de la rapidité et de la brutalité du phénomène.
Cette démonstration intervient alors que l’enquête sur l’incendie du Constellation se poursuit. Le drame, survenu dans la station suisse huppée de Crans-Montana, a coûté la vie à 40 personnes, et a fait des dizaines de blessés graves. Selon les derniers éléments de l’enquête, le feu aurait pris à 1h26, déclenché par des bougies incandescentes fixées à des bouteilles de champagne, placées juste sous le plafond acoustique. L’embrasement de la mousse de polyuréthane aurait alors provoqué un feu généralisé, rapide et fatal, laissant très peu de chances aux occupants.
Les époux Moretti, propriétaires de l’établissement, sont poursuivis notamment pour «homicides par négligence».
Les investigations se concentrent sur les conditions de sécurité incendie : conformité des matériaux, présence et accessibilité des extincteurs, sorties de secours, mais aussi formation du personnel.
Un matériau courant, mais inadapté au public
L’émission souligne un point particulièrement troublant : la mousse en question est une mousse phonique classique, facilement accessible sur le marché. «Elle est en vente libre, sans mention claire de danger», a déploré un journaliste italien à l’antenne. Pourtant, ce type de matériau est inadapté aux établissements recevant du public.
Des tests menés en Suisse après le drame confirment ces dangers. Dès les premières secondes d’exposition à une flamme, la mousse dégage une fumée noire et âcre, accompagnée de gouttes enflammées. Un cocktail mortel dans un espace clos et bondé.
Début janvier, la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, rappelait que l’enquête devait déterminer si l’isolant phonique, installé par Jacques Moretti lui-même, était conforme aux normes en vigueur et s’il était bien à l’origine de l’embrasement de la salle, une hypothèse aujourd’hui largement documentée.
La reconstitution de Canale 5 agit ainsi comme un électrochoc. Au-delà du choc provoqué par les images, l’émission italienne pose une question essentielle : combien d’établissements utilisent encore ce type de matériaux sans en mesurer les risques ? Dans la même émission, un autre bar italien, récemment fermé après un début d’incendie similaire mais sans victimes, est évoqué comme un avertissement supplémentaire.