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Guerre en Iran : F-35, Shahed-136... Quels sont ces avions, drones et missiles qui se livrent la bataille du ciel ?

Les forces armées américaines et israéliennes opérent toutes les deux des avions de chasse F-35 furtifs dernier cri. [US NAVY / AFP]

Plusieurs jours après le lancement de l'offensive israélo-américaine, l'attention se porte plus que jamais sur les capacités militaires des pays impliqués dans ce conflit, notamment leurs arsenaux aériens. Voici de quelle force de frappe dispose l'Iran, Israël et les Etats-Unis dans cette région du monde.

Le ciel n'a jamais été aussi menaçant. Au Proche-Orient, Israël et les Etats-Unis d'un côté et l'Iran de l'autre, se livrent une bataille aérienne sans merci. Avions de chasse, missiles, drones, ces nations en guerre tentent de prendre le dessus grâce à des armes dernière génération.

Depuis plusieurs années, l'Iran a fait de l'armement aérien l'une de ses spécialités. Son arsenal est notamment connu pour ses drones, comme la série «Shahed», qui a été largement adoptée par la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine.

Que ce soit des «munitions rôdeuses produites en masse» ou des «plates-formes de frappe ISR plus sophistiquées», ces UAV («Unmanned Aerial Vehicle», en français «véhicule aérien inoccupé») «illustrent la double nature du programme de drones iranien», qui frappe fort et en nombre, comme l'a confié Pierre Pahlavi, professeur titulaire au Collège des Forces canadiennes à Toronto, à CNEWS.

la spécialité iranienne : «une flotte de drones diversifiée»

Parmi ces drones, on peut évoquer le Shahed-136, une munition rôdeuse, aussi appelée munition téléopérée ou drone kamikaze. Dirigé à distance, comme un FPV («first personal view», en français «pilotage immersif»), ce «drone d'attaque est conçu pour survoler une zone désignée avant de frapper sa cible.

«Il est relativement simple, peu coûteux comparé aux missiles de croisière et parfaitement adapté aux tactiques de saturation», affirme l'expert militaire.

Les Gardiens de la Révolution transportent des Shahed-136, en Iran, en 2025 © AFP

Expert en sciences politiques internationales de l'université George Washington (Etats-Unis), Julian G. Waller souligne quant à lui le développement récent des Shahed-107, «un petit drone à voilure fixe équipé d'une ogive à fragmentation explosive relativement compacte et d'une portée moyenne (300 kilomètres ou plus). Compte tenu de sa portée et de sa capacité d'emport, il est particulièrement efficace pour cibler les infrastructures logistiques», a-t-il expliqué à CNEWS.

Des Mirage F1 français hérités de la guerre du Golfe

En plus de ces appareils dernier cri, l'Iran peut compter sur une diversité d'avions de chasse dont certains ont directement été livrés par le camp adverse. En effet, selon le rapport de 2025 de World Air Forces, l'Iran dispose de 64 avions de chasse américains F-4 Phantom II en service, l'avion de combat occidental par excellence du XXe siècle hérité de l'armée du Shah.

Ils ont également 33 F-5 Tiger II ou encore 36 F-14 Tomcat, également de l'US Air Force. Cinq de ces derniers ont d'ailleurs été détruits par Israël en 2025, lors des bombardements menés par le pays hébreux durant la guerre de Douze Jours (juin dernier).

L'Iran possède également plusieurs appareils français : en plus de son avion de patrouille maritime, le Dassault Falcon 50, le pays asiatique peut compter sur 12 Mirage F1, que la France a pour sa part décidé de ne plus utiliser depuis 2014. L'Iran a bénéficié, pendant la guerre du Golfe (1990-1991), du fait que de nombreux pilotes irakiens ont amené des Mirage F1 sur le territoire iranien. Ces engins ont depuis été modernisés et restent utilisés par Téhéran.

L'armée iranienne a confirmé en 2021 avoir modernisé des Mirage F1 français, durant plusieurs exercices militaires menés en mer d'Oman © Iranian Army office / AFP

Enfin, l'Iran peut se targuer d'avoir en sa possession des missiles hypersoniques comme le «Fattah-1» et sa dernière version, le «Fattah-2», ou encore des missiles balistiques à moyenne portée comme «Kheybar Shekan» ou «Khorramshahr». Les premiers cités pourraient, selon le corps des gardiens de la révolution islamique, atteindre des vitesses hypersoniques, ce qui, combiné à sa grande manœuvrabilité, lui assurerait d'échapper aux défenses antimissile adverses.

L'Iran est également dotée de missiles de portée intermédiaire ou courte, comme Khorramshahr-4 (Kheibar), capable d'emporter une ogive de 1.500 kg ou Kheybar Shekan, un missile à propergol solide de haute précision d'une portée de 1.450 km. Enfin, pour des cibles plus proche, le pays peut déployer ses SRBM appelés «Fateh-110» ou «Zolfaghar», pour des frappes rapides et de haute précision.

Jericho III, l'arme de destruction massive israélienne

Pour contrer les offensives iraniennes, Israël peut compter sur son «Dôme de fer», un système de défense antiaérienne ultramoderne, développé par l'entreprise Rafael Advanced Defense Systems. Il a vu le jour pour contrer les attaques de roquettes en provenance de la bande de Gaza et du Liban. Grâce à lui, le territoire israélien est quasiment imperméable face aux missiles de courtes portées. Mais le pays a également pensé aux missiles intermédiaires, grâce à son autre système défensif appelé «la Fronde de David» et aux missiles balistiques grâce à «Arrow».

D'un point de vue offensif, Israël fait figure de mastodonte au Proche-Orient : il s'agit du seul pays doté d'avions de chasse de cinquième génération et de certains autres équipements sophistiqués, importés des Etats-Unis. Ainsi, les quatre chasseurs dont dispose l'armée israélienne sont les F-16, les McDonnell Douglas F-15 Eagle, les F-15EX Eagle II et les Lockheed Martin F-35. Ces derniers, qui existent sous leur version «F-35I Adir», sont des monoplaces cinquième génération conçus pour l'attaque au sol et les missions de supériorité aérienne mis en service en 2021.

Un missile israélien, intercepté par la défense adverse ce mercredi 4 mars, se décompose dans le ciel iranien © REUTERS / Amir Cohen

En plus de son drone Heron TP, notamment utilisé pour la surveillance et les frappes de précision et son missile de croisière air-sol Delilah, dont la particularité est qu'il rôde au-dessus d'une zone avant de frapper une cible en mouvement, le pays hébreux montre également sa supériorité régionale grâce à son missile balistique intercontinental Jericho III.

Celui-ci est en effet capable de transporter des ogives nucléaires sur plus de 11.000 km, grâce au lanceur Shavit, qui a fait d'Israël le huitième pays du monde à posséder une capacité de lancement orbital, après la Russie, les Etats-Unis, la France, le Japon, la Chine, le Royaume-Uni et l'Inde. Une nouvelle preuve qu'Israël compte parmi les plus grandes puissances internationales en matière d'armement.

Bombardiers B-2, F-35 furtifs, JASSM-ER... Les Etats-Unis ne sont pas en reste

Dans ce conflit, les Israéliens peuvent également comptés sur le soutien des Etats-Unis, dont les moyens déployés pour l'occasion ont été colossaux, comme le rapporte CNN. Washington a en effet déployé au-dessus au Proche-Orient ses forces les plus vives, comme ses bombardiers furtifs B-2, dont le prix unitaire dépasse le milliard de dollar. Grâce à sa technologie à faible signature radar, il peut pénétrer les défenses antiaériennes adverses et il est, à ce jour, le seul avion en service à pouvoir emporter des armes air-sol de grande puissance en configuration furtive.

En plus de cet avion, les Etats-Unis ont déployé des F-16, des F/A-18, des F-22, des F-35 furtifs, dont on a notamment constaté la présence via des vidéos publiées depuis un porte-avions américain. Les américains ont cependant perdu trois appareils, des F-15 abattus par leur propre allié koweïtien, ce lundi 2 mars. Si l'armée américaine n'a déploré aucune perte, les pilotes ayant pu «s'éjecter avec sécurité», «le Koweït a reconnu cet incident et nous sommes reconnaissants des efforts de ses forces de défense et de leur soutien dans le cadre de l’opération en cours» contre l’Iran, a expliqué un porte-parole des forces armées américaines.

Les Etats-Unis possèdent en outre une flotte d'avions ravitailleurs gigantesques, composée de plus de 300 KC-135 et près de 90 KC-46. Plusieurs avions de reconnaissances, les célèbres Awacs avec leur radar installés sur le dos, sont aussi déployés au Moyen-Orient. Plusieurs centaines de C-17 Globemaster III et une cinquantaine de C-5 Galaxy assurent enfin l'efficacité de la logistique, en apportant des missiles et des moyens de défense directement des Etats-Unis jusqu'au Golfe.

Un bombardier B-2 survole Washington à l'occasion du défilé du 4 juillet 2025 avec des chasseurs F-22 à ses côtés. © ERIC LEE / GETTY IMAGES VIA AFP

Enfin, les Etats-Unis se sont offerts certains des missiles les plus létaux au monde. Pour ce qui est des missiles air-air, l'AIM-260 JATM a été développé récemment par Washington et comptait parmi les priorités absolues en matière d'armement de l'US Air Force, ces dernières années.

Pour ce qui est des frappes offensives, l'armée américaine a déjà montré sa capacité à causer des dégâts en Iran dès 2025, où des bombes GBU-57A/B MOP tirées depuis un bombardier B-2 avaient nettement endommagé les sites de Fordow, Natanz et Ispahan. Mais les Etats-Unis peuvent également compter sur le JASSM-ER, bijou de frappe de précision.

Enfin, pour des missions plus définitives, Donald Trump pourrait également avoir recours au UGM-133 Trident II D5, toujours considérée comme la principale force de dissuasion navale du pays, avec une portée de 12.000 km. Depuis les eaux américaines de l'Atlantique, il pourrait ainsi être pointé en direction de l'Iran et atteindre sa cible en quelques minutes.

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