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Guerre en Iran : le détroit d'Ormuz classé «zone de guerre» par le secteur maritime

Cette désignation répond à «l'ampleur des perturbations et des risques auxquels sont confrontés les équipages civils dans la région». [Patrick T. Fallon / AFP]

Le détroit d’Ormuz a été classé ce jeudi en «zone d’opération de guerre» par le secteur maritime. Une décision qui fait suite à «l’ampleur des perturbations» liées à la guerre en Iran. 

Un espace aux enjeux immenses. Ce jeudi, le secteur maritime a placé le détroit d’Ormuz, mais aussi le Golfe et le Golfe d’Oman en «zone d’opérations de guerre». Des droits renforcés ont ainsi été accordés aux milliers de marins bloqués dans la zone, dont celui de demander un rapatriement aux frais de l’armateur. Un défi sécuritaire et logistique inédit.

Cette désignation répond à «l'ampleur des perturbations et des risques auxquels sont confrontés les équipages civils dans la région», ont expliqué dans un communiqué commun la fédération syndicale du secteur (ITF) et les employeurs mondiaux, évoquant «des centaines» de navires bloqués dans le Golfe à cause de la guerre. 

L'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU, chargée de la sécurité maritime, estime à 20.000 le nombre de marins actuellement immobilisés dans le Golfe, selon son secrétaire général Arsenio Dominguez qui évoque aussi 15.000 passagers de croisières. 

La paralysie dans la région fait suite au contrôle «total» revendiqué par les Gardiens de la Révolution iraniens du détroit d'Ormuz, corridor maritime stratégique pour le transport d'hydrocarbures qui relie le Golfe au Golfe d'Oman.

De nombreux incidents 

Le passage en «zone d'opération de guerre», un niveau supérieur, offre aux marins le plus haut niveau de sécurité possible selon les normes maritimes. Il leur donne aussi formellement le droit de refuser d'embarquer, la possibilité d'être rapatriés aux frais de l'armateur et divers bonus et indemnisations. 

L'OMI a affirmé de son côté avoir dénombré depuis samedi sept incidents liés à des navires dans le détroit d'Ormuz, avec un total de deux morts et six blessés. 

Dans ce contexte de tension extrême, les grands armateurs mondiaux ont d'ores et déjà stoppé leurs navires à destination du Golfe et déroutent leurs cargaisons. Le trafic dans le détroit d'Ormuz - où transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) - avait chuté de 90% mercredi. 

Donald Trump avait déclaré mardi que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers «si nécessaire» à travers le détroit. D'autres régions sont déjà classées «zones d'opérations de guerre» par le secteur maritime, comme la mer d'Azov, le nord de la mer Noire, le sud de la mer Rouge ou le Golfe d'Aden.

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