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Guerre en Iran : le prix du baril de pétrole en hausse de plus de 35% sur une semaine, un record

Depuis le début de l'année, la hausse des prix du pétrole est même supérieure à 30 dollars, soit plus de 25,80 euros. [Illustration REUTERS/Jack Taylor]

Les cours du pétrole se sont envolés cette semaine à des hauteurs plus fréquentées depuis 2023 en réaction à la guerre en Iran qui a paralysé une grande partie des flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.

La guerre en Iran a des répercussions directes sur le coût de l’énergie à l'échelle internationale. Les cours du pétrole se sont envolés cette semaine à des hauteurs plus fréquentées depuis 2023, les investisseurs ne cachant plus leurs inquiétudes face à la paralysie d'une grande partie des flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a terminé à 90,90 dollars (78,22 euros), en hausse de plus de 12% sur la séance. Il a bondi de 35,63% sur une semaine, un record depuis la création des contrats à terme sur le WTI, en 1983.

Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a lui clôturé à 92,69 dollars (79,76 euros) vendredi, soit une augmentation de plus de 8% par rapport à la veille, et de 27,88% sur la semaine, après les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran.

En quelques séances, les prix se sont donc renchéris de plus de 20 dollars, soit plus de 17,20 euros. Depuis le début de l'année, la hausse est même supérieure à 30 dollars, soit plus de 25,80 euros.

«Des proportions dramatiques» pouvant conduire à une récession économique

«J'ai déjà vu ce genre de situation auparavant, mais celle-ci commence à prendre des proportions dramatiques (…) Je crains vraiment les conséquences à long terme» en particulier l'éclosion d'une récession économique, a commenté auprès de l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.

Le WTI fait désormais de l'œil au seuil symbolique des 100 dollars le baril, soit plus de 86 euros, au-dessus duquel il n'a plus évolué depuis juillet 2022.

Les cours ont encore accéléré vendredi après des propos de Donald Trump, le président américain exigeant une «capitulation» de l'Iran. Le pays est un important producteur d'or noir. Mais le conflit a surtout eu pour conséquence de paralyser le trafic dans le détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d'or noir.

«Le marché passe d'une évaluation purement géopolitique des risques à une prise en compte des perturbations opérationnelles tangibles», ont souligné dans une note les économistes de JPMorgan.

«Une nouvelle réduction de l'activité des raffineries» à prévoir

«Chaque jour où le détroit reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage», a expliqué à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

Les capacités de stockage des pays du Golfe étant limitées, «si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l'activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient», a prévenu ce dernier. Certains pays du Golfe ont déjà dû ralentir leur activité.

«L'Irak a déjà réduit son approvisionnement d'environ 1,5 million de barils par jour et le Koweït semble atteindre ses limites de stockage, le pays (...) fermant de fait la plupart de ses capacités de raffinage destinées à l'exportation», selon les experts de JPMorgan.

Désormais, même si les exportations via Ormuz reprennent, «il y aura un décalage avant la reprise de la production», souligne Ole R. Hvalbye.

Pour prévenir d'éventuelles pénuries, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg.

Les Etats-Unis autorisent la livraison de pétrole russe vers l’Inde

Le gouvernement américain a autorisé jeudi, et pour un mois, la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient touche directement les approvisionnements de New Delhi.

La marine américaine escortera les navires marchands tentant de passer par le détroit d'Ormuz «dès que ce sera raisonnable», a aussi assuré vendredi le ministre américain de l'Energie, Chris Wright.

«Cela pourrait faciliter la reprise du trafic, mais pas à l'échelle d'avant-guerre», ont anticipé les analystes d'Eurasia Group.

Selon Jason Gabelman, de TD Cowen, la réaction du marché a pour le moment été «modérée» grâce à «des stocks sains». Ceux-ci «pourraient couvrir jusqu'à un mois de fermeture» du détroit d'Ormuz, a assuré ce dernier.

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