Quelques semaines après la déclaration anonyme d'un juge d'instruction au tribunal d'Anvers, le président de la cour d'appel a de nouveau tiré la sonnette d'alarme sur les dangers que représente le narcotrafic en Belgique.
Un nouvel appel à la raison. Véritable fléau en Europe, le narcotrafic génère des sommes colossales, engendrant également de la violence ou encore de la corruption. En Belgique, la menace est prise au sérieux, comme l'a rappelé Bart Willocx.
Dans un entretien au Guardian, le président de la cour d'appel d'Anvers a estimé que le pays était vulnérable à la criminalité liée au trafic de drogue et que «les sommes d’argent en jeu sont tellement importantes qu’elles constituent un véritable danger pour la stabilité de notre société». Une réaction qui survient après la publication d'une lettre ouverte d'un juge belge avertissant du risque de transformation de la Belgique en «narco-État».
«Nous avons un réel problème et nous devons investir davantage dans le personnel et les autres ressources pour y faire face», a-t-il ajouté. Un investissement nécessaire au vu des données publiées par l'agence Europol en 2024 : plus de 70% de la cocaïne entrée sur le continent européen, principalement en provenance d'Amérique du Sud, est passée par les ports d'Anvers et de Rotterdam.
Un système judiciaire au bord de l'effondrement
En plus des conséquences financières, le narcotrafic représente également une menace pour la sécurité de la population et du pays, à l'image d'un projet d'enlèvement de l'ancien ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, en 2022, ou encore de fusillades survenues dans le pays entre différentes organisations impliquées dans le trafic.
«Du jour au lendemain, vous devez quitter votre maison, vous devez quitter votre famille et vous allez vivre dans un endroit où personne ne sait où vous êtes», a regretté Bart Willocx, évoquant le cas d'un juge bénéficiant d'une protection permanente en raison de menaces à son encontre.
Pour lutter face à ce fléau qui gangrène la Belgique, plusieurs propositions ont été faites, sans véritablement d'effet. Pourtant, les juges belges estiment qu'il est nécessaire d'agir afin d'éviter un effondrement du système judiciaire national.