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Guerre en Iran : hormis le carburant, pourquoi le blocage du détroit d'Ormuz pourrait-il sévèrement toucher les agriculteurs français ?

Déjà frappés par la hausse des prix du carburant, les agriculteurs pourraient être touchés de plein fouet par la fermeture du détroit d’Ormuz. Un tiers des engrais mondiaux transite par ce bras de mer fermé par l’Iran.

Une double peine. Après une année de tensions commerciales et des prix faibles pour leurs produits, les agriculteurs français sont confrontés une nouvelle plaie : le conflit au Moyen-Orient, déclenché par Israël et les États-Unis en Iran le 28 février dernier, qui vient renchérir le prix du gazole non routier (GNR) mais surtout des engrais, à l’approche de la saison des semis. Les syndicats agricoles tirent la sonnette d'alarme et réclament un blocage des prix. 

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le prix du GNR est passé de 700 à 900 euros les 1.000 litres, soit une hausse sans précédent ces dernières années. Mais les paysans français craignent désormais de subir de plein fouet une autre répercussion de la guerre. Pour répondre aux frappes israélo-américaines, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, un bras de mer large de 55 kilomètres dans le Golfe persique, par lequel transitent quotidiennement 20% des hydrocarbures mondiales.

Mais pas que : majoritairement conçus en dehors de l’Hexagone et nécessitant du gaz pour leur fabrication, un tiers des engrais mondiaux passe aussi par cette route maritime. «Les hydrocarbures étant massivement utilisés pour la fabrication des engrais, leur tarif devrait connaître un effet boule de neige», prévient la Coordination rurale (CR). Le tarif de l'urée, un engrais azoté, a ainsi augmenté de près de 30% entre la semaine du 27 février et celle du 6 mars.

Bouclier tarifaire et relocalisation nationale 

Face à cette situation d'urgence, la Coordination rurale réclame la mise en place d’un bouclier tarifaire. Le syndicat demande par ailleurs qu’une «réflexion nationale sur la réimplantation de la production d’engrais en France soit menée de façon urgente». «Dans une période déjà marquée par de fortes crises agricoles, l’État doit agir rapidement pour éviter qu’une crise géopolitique ne se transforme en nouvelle crise économique pour nos exploitations», prévient de son côté la FNSEA.

«Nos agriculteurs travaillent pour nourrir le pays et n’ont pas besoin d’une nouvelle flambée des charges qui viendrait encore leur mettre la tête sous l’eau», abonde Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA. «Alors que le gouvernement évoquait un impact limité sur les carburants, plusieurs fédérations départementales signalent déjà des hausses importantes chez certains fournisseurs, bien au-delà des quelques centimes annoncés», affirme le principal syndicat agricole.

La FNSEA exige par ailleurs de «renforcer immédiatement les contrôles pour éviter toute hausse abusive». Au-delà de l’objectif de contenir le prix du gazole et de veiller à ce qu’il n’y ait pas de «hausse purement spéculative» sur les tarifs à la pompe, la Coordination rurale exige de son côté que les prix de l’électricité et du gaz à usage agricole soient plafonnés «s’ils s’envolent dans les prochains jours».

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