Tandis que le conflit s’intensifie en Iran, plusieurs monuments arborent désormais le symbole du Bouclier bleu. Il s’agit d’un emblème permettant d’indiquer aux pilotes la valeur patrimoniale d’un site, pour le protéger des bombardements.
Plus de 120 monuments iraniens arborent désormais d’imposants écussons bleus visibles depuis le ciel. Une signalétique inhabituelle qui n’a rien d’esthétique : elle vise à protéger le patrimoine culturel des bombardements.
Sur les toits ou les façades historiques, ces symboles reprennent l’emblème du «Bouclier bleu», un dispositif international destiné à signaler les biens culturels à préserver en cas de conflit armé, car protégés par la Convention de La Haye de 1954. Ce marquage indique aux forces militaires que le bâtiment possède une valeur patrimoniale important et ne doit pas être pris pour cible.
28 sites reconnus par l’UNESCO
Parfois, le bouclier bleu et blanc est peint en très grand format pour être repéré facilement par les pilotes de drones. L’objectif est clair : réduire les risques de destruction accidentelle lors d’opérations militaires. Musées, palais, sites archéologiques ou monument religieux peuvent ainsi être identifiés comme des lieux à protéger. Pour l’Iran, qui compte sur son territoire pas moins de 28 sites reconnus par l’UNESCO, l’enjeu est de taille.
L’emblème s’inspire de celui de la Croix-rouge. Son rôle est de coordonner les efforts internationaux pour protéger les biens culturels menacés par les guerres ou les catastrophes.
Cette stratégie de protection, qui intervient alors que les tensions au Moyen-Orient font craindre de lourds dégâts sur le patrimoine, reste controversé. Dans certains conflits, la présence du symbole n’a pas empêché les destructions, attirant parfois l’attention de l’ennemi sur ces sites. Pourtant, de nombreux pays continuent de l’utiliser, estimant qu’il constitue l’un des rares outils juridiques et visuels pour signaler la présence d’un monument.