Alors que la guerre entre l’Iran se poursuit, la menace d’un minage du détroit d’Ormuz inquiète. Ces mines appelées Maham, discrètes et redoutablement efficaces, pourraient paralyser le commerce maritime mondial.
Au cœur des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz, reste l’un des points stratégiques les plus sensibles de la planète. Ce passage maritime étroit, situé entre l’Iran et la péninsule arabique, voit transiter près de 20 % du pétrole mondial chaque jour.
Selon l’Institut américain pour l’étude de la guerre, l’Iran aurait commencé à déployer des mines marines dans cette zone, une accusation que Téhéran a démenti. D’après plusieurs centres d’analyse stratégique, une dizaine d’engins explosifs auraient toutefois déjà été placés dans la zone, faisant peser une menace sur la navigation commerciale et militaire.
120 kilogrammes d’explosifs
Les mines Maham sont un ensemble d’explosifs sous-marins développés ou acquis par l’Iran au fil des décennies. Ces mines marines existent sous différentes formes : dérivantes, ancrées par un câble ou posées directement sur le fond marin.
Les modèles les plus simples, comme la Maham 1, sont inspirés de technologies apparues dans les années 1980. De forme circulaire et équipées de plusieurs capteurs de contact, souvent appelés «cornes», elles explosent lorsqu’un navire entre en collision avec elles, a indiqué le quotidien américain Wall Street Journal.
Leur charge peut atteindre environ 120 kilogrammes d’explosifs, suffisante pour gravement endommager un bâtiment.
Les versions plus avancées, telles que les Maham 2 et Maham 3, sont conçues pour cibler des navires plus imposants ou même des sous-marins. Placées à des profondeurs pouvant aller de 10 à 50 mètres, elles peuvent détecter la présence d’un navire à proximité avant de déclencher une explosion dont la charge peut atteindre 350 kilogrammes.
Une arme asymétrique redoutable
D’autres modèles, comme les Maham 5 et Maham 6, seraient destinés à protéger les côtes et les îles contre d’éventuelles opérations amphibies. Leurs caractéristiques exactes restent peu connues, mais elles seraient capables d’être armées à différentes profondeurs et de rester actives pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois, toujours d'après le Wall Street Journal.
Relativement peu coûteuses et faciles à déployer, elles peuvent perturber durablement le trafic maritime et nécessitent ensuite des opérations de déminage longues et complexes. Selon le Soufan Center, spécialisé dans les questions de sécurité, l’Iran disposerait d’un stock de mines navales compris «entre 2 000 et 6 000 unités».
Lors d'une visioconférence des dirigeants du G7 afin de discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l'économie mondiale, le président de la République, Emmanuel Macron, avait indiqué qu'il n'avait «pas la confirmation, ni par des services partenaires, ni par nos propres services» du déploiement de ces mines dans la zone.