Le roi Charles III doit se rendre en visite d’État dès le 27 avril prochain aux Etats-Unis. A cette occasion, il s’adressera aux deux chambres du Congrès américain. Un événement rarissime puisque ce ne sera que la deuxième fois dans l'histoire qu'un souverain britannique intervient dans l'organe du pouvoir législatif américain.
Un voyage malgré des tensions diplomatiques. Le roi Charles III se rendra aux Etats-Unis du 27 au 30 avril à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance américaine.
Le palais de Buckingham a indiqué que Charles III s’adresserait aux deux chambres du Congrès américain lors de cette visite. Un évènement rare car la seule autre prise de parole d’un souverain britannique devant le Capitole remonte à 1991, avec une allocution prononcée par la reine Elizabeth II, mère de Charles.
Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, a indiqué que l’intervention du roi d’Angleterre est prévue le 28 avril prochain.
«Cette visite sera l'occasion de mettre en avant l'histoire commune de nos deux nations, l'étendue des relations (...) et les liens profonds qui unissent nos peuples», a souligné ce mardi un communiqué du palais de Buckingham.
Toutefois, certains élus au Royaume-Uni avaient appelé à l’annulation de la visite de Charles III face aux tensions entre Washington et Londres provoquées par la guerre au Moyen-Orient.
Si les deux pays sont liés par une «relation spéciale» historique, le président américain Donald Trump a récemment multiplié les critiques à l'encontre de son allié britannique, en particulier du Premier ministre Keir Starmer, lui reprochant de ne pas avoir soutenu l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Le dirigeant travailliste a toutefois défendu l'opportunité de cette visite royale. «La relation entre nos deux pays est très importante à de nombreux égards, et souvent, grâce aux liens qu'elle tisse, la monarchie peut aller au-delà (..) d'une situation comme celle-ci», a déclaré Keir Starmer ce lundi devant le Parlement.
L’ombre de l’affaire Esptein
Donald Trump, connu pour apprécier la famille royale britannique, a déjà effectué deux visites d'État au Royaume-Uni, la dernière en septembre. Il s'est réjoui en mars de la perspective «formidable» de recevoir le roi.
Cette visite intervient également alors que Charles III est confronté aux répercussions de l'affaire Jeffrey Epstein, qui ont conduit en février à l'arrestation de son frère Andrew Mountbatten-Windsor, soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel et financier américain décédé en 2019.
La famille de Virginia Giuffre, principale accusatrice de Jeffrey Epstein décédée en avril 2025, a appelé le roi à rencontrer des victimes du criminel sexuel à l'occasion de sa visite. Le programme transmis par le palais de Buckingham ne mentionne toutefois pas de telles visites.
Une source royale a indiqué à l'agence Press Association qu'une rencontre de ce type n'était tout simplement «pas possible», arguant qu'elle risquait de «nuire aux enquêtes en cours ou au bon déroulement de la justice».
Selon le programme fourni par Buckingham, le roi Charles et la reine Camilla seront d'abord accueillis à Washington par Donald et Melania Trump de façon privée pour un thé, avant une garden party.
La visite d'État sera aussi marquée par une cérémonie militaire, un entretien entre Charles III et le président américain, ainsi qu'un dîner d'État à la Maison Blanche.
Charles et Camilla iront ensuite à New York, où ils rendront hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001, puis en Virginie. Avant de se rendre aux Bermudes, territoire britannique d'outre-mer, jusqu'au 2 mai.