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Des migrants prétendent faussement être victimes de violences conjugales pour rester au Royaume-Uni, selon une enquête

Une personne qui travaille au Royaume-Uni avec un visa doit attendre au moins 5 ans avant de pouvoir déposer une demande de titre de séjour permanent. [JUSTIN TALLIS / AFP]

Une enquête de la BBC relayée ce jeudi a mis en lumière une tendance inquiétante au Royaume-Uni : le boom des demandes de prolongation de séjour par les migrants au motif de violences conjugales sans le moindre fondement.

Les demandes de prolongation de séjour pour violences conjugales ont bondi de plus de 50% en trois ans chez nos voisins britanniques. Une enquête de la BBC a révélé que des migrants prétendent faussement être victimes de violences conjugales afin de bénéficier d’une dérogation spéciale leur permettant de déposer une demande de permis de séjour permanent.

Ils exploiteraient les règles mises en place par les ministres pour aider les véritables victimes de maltraitance à obtenir un titre de séjour permanent plus rapidement que par d'autres voies, comme les demandes d’asile. Des contrôles insuffisants du ministère de l'Intérieur faciliteraient ce contournement, qui s’appuie en plus sur la base de preuves minimes.

Selon les derniers chiffres relayés par la loi sur la liberté d'information, 5.596 migrants ont déposé une demande de titre de séjour permanent en tant que victimes de violences conjugales au cours des 12 mois précédant septembre 2025, soit une hausse de plus de 50 % lors des trois dernières années.

Environ un quart des demandes – soit 1.424 d'entre elles – ont été déposées par des hommes, soit une augmentation de 66 % par rapport à la même période deux ans plus tôt, tandis que le nombre de demandes déposées par des femmes a augmenté de 47 %.

Une dérogation spéciale qui offre un délai de 3 mois

Conformément à la réglementation du ministère de l'Intérieur, les migrants victimes de violence domestique et titulaires d'un visa temporaire au Royaume-Uni en tant que partenaires de citoyens britanniques peuvent demander une dérogation spéciale.

Cette mesure offre un soutien à ceux dont les relations se sont brisées en raison de violences ou d'abus et qui sont dépendants de leur conjoint, pour leur visa mais aussi pour leurs besoins primaires comme le logement ou la nourriture. Si leur demande est acceptée, ils obtiennent l'autorisation de séjourner au Royaume-Uni pendant trois mois et peuvent prétendre à des allocations.

Durant ces trois mois, ils peuvent ensuite demander un permis de séjour permanent au Royaume-Uni, qui accorde aux ressortissants étrangers le droit de vivre, de travailler et d'étudier de façon permanente et sans limite de temps.

Ce procédé est beaucoup plus rapide que les autres voies d'accès à la résidence permanente, comme les demandes d’asile. Une personne qui vit et travaille au Royaume-Uni avec un visa doit généralement attendre au moins cinq ans avant de pouvoir déposer une demande de titre de séjour permanent.

«L’argent sale saisi sera réinvesti pour mettre fin au crime qu’il finançait»

Il y a plus de dix ans, en 2014, une évaluation interne du ministère de l'Intérieur a «identifié le risque d'abus de la voie de règlement des violences domestiques». Un an plus tard, un rapport de l'Inspecteur en chef indépendant des frontières et de l'immigration a révélé des problèmes dans les vérifications effectuées par les fonctionnaires sur les allégations de violence domestique et un poids excessif accordé à des «preuves non vérifiées».

Jess Phillips, ministre de la Protection de l'enfance au ministère de l'Intérieur, a déclaré : «L'utilisation abusive et inacceptable de ce dispositif, qui protège les véritables victimes des ravages des violences conjugales, est absolument honteuse. J'ai personnellement constaté les conséquences déplorables de ce type de manœuvre sournoise».

«Soyons clairs : si vous tentez de frauder le peuple britannique pour rester au Royaume-Uni, votre demande sera refusée et vous vous retrouverez dans une cabine pour quitter la Grande-Bretagne. Les faux avocats qui facilitent ces abus de conseils seront mis derrière les barreaux et leur argent sale saisi sera réinvesti pour mettre fin au crime qu'ils finançaient autrefois», a conclu cette dernière.

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