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Hubs de retour, police aux frontières, accélération des expulsions : l'Union européenne durcit sa politique migratoire 

Le Danemark, l’Allemagne, l’Italie et le Parlement européen durcissent le ton afin de limiter l’immigration illégale. [@Dušan Cvetanović/PIXABAY]

L’Union européenne met un coup de frein à l’immigration. Le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, mais également les institutions européennes durcissent le ton afin de limiter l’immigration illégale et d’accélérer les expulsions.  

Onze ans après la crise migratoire de 2015, qui avait conduit l’Union européenne à accueillir des centaines de milliers de migrants, plusieurs États membres disent stop et partout en Europe, les politiques migratoires se durcissent.  

Cette évolution se reflète également au sein des institutions européennes, notamment au Parlement. L’époque du laissez-passer généralisé semble terminée : désormais, la priorité est de freiner l’immigration et d’accélérer les expulsions. 

Le Danemark en figure de proue

Fer de lance de ce mouvement, le Danemark est souvent présenté comme un modèle de cette politique dure. En effet, le pays nordique pratique depuis plusieurs années une politique de «tolérance zéro» à l’égard de l’immigration non européenne.  

En témoigne la «loi ghetto» de 2018, qui vise à réduire le taux de «non-Occidentaux» de 50 % à 30 % dans plusieurs quartiers. Pour cela, la loi prévoit des mesures particulièrement strictes, comme la limitation de l’accès aux prestations sociales pour les réfugiés, la restriction, voire la quasi-impossibilité, du regroupement familial et de l’accès à la nationalité, ainsi que l’externalisation des procédures d’asile. 

Résultats : en 2024, seules 1.656 demandes d’asile ont été déposées auprès des autorités, contre plus de 21.000 en 2015, au plus fort de la crise migratoire. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis quarante ans. 

Le Danemark n’est désormais plus le seul pays à prendre le sujet de l’immigration à bras le corps : l’Allemagne, l’Italie et plus largement l’Union européenne ont infléchi leurs politiques.  

Les hubs de retour entérinés par l’UE  

En Allemagne, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a décidé de tourner la page de la politique d’accueil. Pour cela il a demandé à la police des frontières de refouler les demandeurs d’asile sans papiers, à l’exception des personnes vulnérables, telles que les enfants, les personnes âgées ou les femmes enceintes. Résultat : plus de 53.000 personnes ont été refoulées depuis octobre 2023. 

Même tendance en Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni cherche à limiter les arrivées irrégulières en renforçant les contrôles aux frontières, notamment en Méditerranée. Toutefois, la cheffe du gouvernement nuance sa position : elle se dit favorable à une immigration légale, à condition qu’elle soit maîtrisée et réponde aux besoins de l’économie. 

Dans ce contexte, l’Union européenne passe elle aussi à la vitesse supérieure. Le Parlement entend créer des «hubs de retour», c’est-à-dire des centres d’accueil pour migrants situés en dehors de l’UE. 

Leur objectif serait de prendre en charge les personnes dont la demande d’asile a été rejetée, est en cours d’examen, ou qui font l’objet d’une obligation de quitter le territoire. L’objectif affiché est clair : faciliter et accélérer les expulsions.  

Actuellement, la France reste, pour le moment, en retrait des discussions, au même titre que l’Espagne.    

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