Découvertes sur Facebook, Gumtree et Telegram, des annonces immobilières londoniennes s'adressent exclusivement à des locataires «musulmans». Une enquête publiée outre-manche ce mercredi par le Telegraph révèle les dessous de ce business illégal.
Être musulman comme critère déterminant pour trouver un appartement à Londres ? C'est le constat du média britannique The Telegraph qui a révélé ce mercredi une enquête sur les annonces discriminatoires concernant les logements dans la capitale anglaise. De nombreuses offres de particuliers inscrivent explicitement «réservés aux musulmans» ou «pour deux garçons musulmans». Le journal partage plusieurs captures d’écran de ces publications. Parmi ces postes, l’une figurait même sur le site officiel d’une agence immobilière, avec cette fameuse mention.
Toute forme de racisme est inacceptable
Dans la capitale anglaise,15 % de la population s’estime musulmane d’après un recensement britannique de 2021 réalisé par «The Office for National Statistics». Soit une population estimée à 1.318.700 habitants. Dans ce contexte de forte diversité religieuse, certaines pratiques controversées prennent une résonance particulière dans le débat public. Robert Jenrick, porte-parole économique du parti conservateur Reform UK, a déclaré : «Ces publicités sont odieuses et anti-britanniques. Il va sans dire que la situation inverse provoquerait un tollé national. Toute forme de racisme est inacceptable, et aucun groupe religieux ne devrait bénéficier d’une exemption spéciale pour discriminer de la sorte.»
Pourtant, ces locations concernent l’ensemble la capitale, d’Ilford à Newbury Park en passant par East Ham, aucun quartier ne serait épargné. Sur Facebook, elles sont répertoriées sur des pages telles que «Location de chambres à Londres pour musulmans» et «Locations pour musulmans».
Dans son enquête, The Telegraph a contacté différents auteurs d’annonces discriminatoires en leur demandant si le logement mis en location était accessible aux personnes d’une autre confession. Les réponses ont été données sur le même ton, un «non» ou «allez-vous-en» avant de raccrocher. Les plates-formes d’hébergement de ces annonces ont été contactées par le journal anglais, mais il n’a, pour l’heure, pas reçu de réponse.
Poursuites devant un tribunal
La loi est pourtant claire, ce type de publicité est interdit. Tout propriétaire qui publie une telle annonce s’expose à des poursuites devant un tribunal civil par un locataire ou un locataire potentiel. En 2010 a été instaurée «The Equality Act 2010». Elle encadre la lutte contre la discrimination, notamment pour les conditions d’accès aux logements. Les propriétaires et les agences immobilières n'ont pas le droit d'indiquer une préférence pour une religion ou une origine ethnique particulière lors de la location d'un bien. Seule une exception peut inclure ce type de mention. Si le propriétaire du bien loue une partie de son logement et partage avec le locataire des espaces communs, alors dans ce cas précis, une mention concernant la religion peut être inscrite dans l’annonce.