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Meurtre de Megan Kanka en 1994 : quelle est cette affaire judiciaire américaine qui a profondément changé la législation sur les pédophiles ?

Le président américain Bill Clinton avec Jeremy Kanka, le frère de Megan ainsi que Maureen Kanka, sa mère. [© AFP ]

Aux États-Unis, l'affaire Megan Kanka a profondément bouleversé la législation sur les pédophiles. Depuis, dans certains États, il est possible de connaître l'identité des individus qui ont été condamnés pour pédophilie dans son voisinage. 

Une affaire historique. En 1994, à Hamilton Township dans le New Jersey, une tragédie a changé toute la législation américaine sur les pédophiles. Pendant un après-midi de juillet, Megan Kanka, 7 ans, avait décidé d'aller jouer dehors avec une voisine. Quelques heures plus tard, la petite fille n'était toujours pas rentrée chez elle. Ses parents, Maureen et Richard Kanka, s'étaient inquiétés et avaient décidé d'appeler la police. 

Pendant quarante-huit heures, les autorités ont fouillé toute la région sans succès. Finalement, les agents ont décidé de rendre visite à la maison d'en face, où trois hommes avaient emménagé deux ans plus tôt, tous déjà condamnés pour «agressions sexuelles sur mineurs.»

Après interrogatoire, Jesse Timmendequas, jardinier pour le comté, avait avoué avoir violé et tué la petite Megan Kanka. L'homme, âgé alors de 33 ans, avait affirmé lui avoir proposé de venir caresser son chiot avant de commettre l'irréparable. Peu après l'interrogatoire, il avait conduit la police dans un parc où il avait caché le corps de la fillette sous un tas de mauvaises herbes.  

Par la suite, cette histoire a entraîné un changement radical sur la législation des pédophiles aux États-Unis. La «loi de Megan» permet aux autorités de notifier à tout citoyen la présence des pédophiles dans son quartier. À Washington, le président Bill Clinton avait signé une version nationale de la loi. 

En France, alors que le meurtre de Lyhanna émeut tout le pays, Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête, propose d'adapter cette loi dans l'Hexagone. «La tragédie de Lyhanna doit nous conduire à un électrochoc. Comme aux États-Unis, il faut créer un registre public des délinquants sexuels», a-t-elle déclaré sur son compte X.

«La loi fonctionne remarquablement bien»

Dans le New Jersey, la législation stipule que chaque nouvel arrivant peut contacter le procureur du comté pour savoir si l'un de ses voisins a déjà été condamné pour pédophilie et obtenir son identité. À New York, il y a une «classification» des pédophiles, suivant la gravité de leurs actes et la peine de prison encourue, la police peut révéler uniquement leur nom et leur adresse ou un véritable dossier comprenant photo, antécédents et détails des crimes commis.

Depuis son arrivée dans le New Jersey, le gouvernement fédéral s'était félicité à plusieurs reprises de l'efficacité de la législation et avait même assuré que «la loi fonctionne remarquablement bien». «La tragédie de Hamilton Township a permis une nouvelle coopération entre les forces de l'ordre et les citoyens aux États-Unis, sans engendrer de débordements majeurs» avait déclaré le président américain Bill Clinton.

Maureen Kanka, mère de Megan, combat la pédophilie dans tout le pays, «Je ne peux rien changer de mon enfer quotidien. Mais je peux faire en sorte que d'autres ne connaissent pas la même tragédie» assurait-elle. 

Pourtant, la loi a aussi ses détracteurs. En 1998, la Cour suprême américaine a dû intervenir, après qu'un groupe d'avocats et plusieurs organisations de défense des droits de l'homme l'ont déclarée anticonstitutionnelle. Pour eux, cette loi était une «nouvelle et injuste punition.» La Cour suprême n'a pas donné suite à cette requête et s'est montrée «satisfaite de l'application de la loi sur tout le territoire.»

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