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Chute de débris, métal et déchets jonchant les rues... A New York, la construction d'une prison dans un quartier huppé tourne au fiasco

Le site a fait l'objet de quatre ordres de suspension des travaux, au cours des deux dernières années. [© Ed JONES/AFP]

Dans le quartier de Boerum Hill, à New York, le chantier d’un centre pénitentiaire est à l’origine de nombreux incidents, pour certains potentiellement mortels. Les riverains dénoncent des conditions de sécurité insuffisantes.  

A New York, les riverains de Boerum Hill ne décolèrent pas. La vie de ce petit quartier huppé de la Grosse Pomme est d’ordinaire rythmée par ses nombreux restaurants, bars et boutiques. Depuis quelques temps, pourtant, une ombre vient entacher le quotidien des habitants.

En 2019, la municipalité a lancé un projet de construction d’un centre pénitentiaire, visant à remplacer celui de Rikers Island, jugé alors trop vétuste. Le quartier de Boerum Hill a été choisi pour abriter cette nouvelle prison, dont les premières pierres ont été posées en 2024.

Plus de deux ans après, la construction est toujours en cours et semble s’éterniser. Pour cause, le projet accumule les ordres de suspension des travaux. L’un d’eux a été récemment émis pour des violations particulièrement dangereuses. Des débris sont, en effet, tombés à plusieurs reprises du sommet de l’infrastructure, qui s’élève à 90 mètres au-dessus du sol.

Plus d’une vingtaine de plaintes en deux ans

«Ces débris auraient pu tuer quelqu'un», s’est indigné auprès du New York Post, Lori Richmond, membre du conseil d'administration de la copropriété d’un luxueux immeuble. «Il y avait des seaux, des mèches de forage qui tombaient, des boîtes en carton, toutes sortes de choses. On a vu des matériaux de construction, mais aussi des déchets appartenant aux ouvriers», a-t-il témoigné.

Lori Richmond et ses voisins tirent la sonnette d’alarme depuis des mois, craignant d’être blessés par ces négligences. Longtemps restée sourde aux plaintes, la municipalité a décidé d’agir le mois dernier, après que d’énormes conduits en tôle se soient écrasés dans la cour intérieur de l’immeuble.

Au total, plus d’une vingtaine de plaintes ont été enregistrées depuis le début du chantier. Le site a fait l'objet de quatre ordres de suspension des travaux au cours des deux dernières années.

Cette semaine, le conseiller municipal Lincoln Restler a adressé un bulletin d’information à ses électeurs, déplorant que les travaux de construction aient eu des «répercussions inacceptables sur le voisinage». La fin du chantier est prévue pour le printemps 2029. 

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