L'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran a ramené les cours du pétrole au plus bas depuis mars. Les marchés restent toutefois dans l’attente d’une signature.
«Que le pétrole coule à flots», a lancé Donald Trump après l’annonce d’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran. Si la signature du document est prévue pour vendredi, les premières conséquences se font déjà ressentir sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Les prix du pétrole reprennent la direction des cours en vigueur avant le lancement des hostilités. En début d’après-midi, le Brent, ce pétrole brut extrait principalement des champs pétroliers en mer du Nord, a ainsi reculé de 5,06%, passant à 82,91 dollars le baril. Il en va de même pour son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, qui a chuté de 5,5%.
Des incertitudes demeurent
Les cours ne devraient toutefois pas sombrer indéfiniment, le marché s’étant déjà préparé à un accord depuis plusieurs semaines. En anticipation de la fin des hostilités, Brent et WTI avaient ainsi déjà perdu environ un quart de leur valeur depuis un mois.
«Les inventaires doivent maintenant être reconstitués, de nouvelles réserves stratégiques pourraient devoir être formées, et il existe une demande différée», souligne Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Des incertitudes demeurent, la situation dans le golfe Persique pouvant prendre du temps avant de se normaliser. En outre, le risque que les négociations échouent n’est pas à négliger. Si cela venait à advenir, la «prime de risque» du pétrole devrait remonter.
Perspective favorable pour les Bourses
A New York, les marchés financiers se montrent très optimistes. Pour cause, l’annonce de l’accord de paix survient quelques jours à peine après l’entrée en Bourse de SpaceX. Le Nasdaq des valeurs technologiques devrait ainsi poursuivre sur sa lancée, tout comme S&P 500 et le Dow Jones des valeurs traditionnelles.
Selon la banque privée Pictet, les mouvements du Nasdaq ont été «amplifiés par une activité record des investisseurs particuliers». Si l’entrée en Bourse de SpaceX a épuisé tous les superlatifs et absorbé «une partie des liquidités disponibles», celles-ci demeurent abondantes. De quoi constituer «un puissant soutien pour les actifs risqués», relève Pictet.
Les investisseurs se montrent également optimistes outre-Atlantique. Paris, Francfort et Milan n’ont pas hésité à prendre des risques dans l'industrie automobile (Stellantis, +5,79%, Renault +5,98%) ou dans le secteur aérien (Lufthansa, +5,16%). De son côté, Londres a encaissé le recul des cours du brut des prises de bénéfices dans les valeurs pétrolières de BP, Shell, TotalEnergies et Eni.
Les banques centrales soulagées
Le marché des obligations s’est vu soulagé par l’annonce de l’accord de paix, notamment concernant les taux d'emprunt des États. Pour cause, ceux-ci avaient fortement augmenté depuis le début du conflit avec les risques d'inflation.
«C'est aussi un vrai soulagement pour les sept banques centrales qui se réunissent cette semaine», observe Kevin Thozet, conseiller en gestion de portefeuille pour Carmignac, mentionnant notamment les États-Unis, l'Angleterre et l'Australie.
Il faut dire que l'annonce d’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran intervient juste avant la première réunion de la Réserve fédérale américaine sous la présidence de Kevin Warsh.