Pierpoljak : "Je me sens concerné par ceux qui galèrent"

Pierpoljak.[©Koria]

A 50 ans, le chanteur français Pierpoljak vient de sortir son dixième album, Général Indigo, sur le label Verycords. Celui qui a participé à populariser le reggae en France, revient sur son dernier opus et le secret de sa longévité.

 

Si l’on met de côté votre best-of sorti en 2011, votre dernier album, Légendaire Sérénade, remontait à 2010. Qu’avez-vous fait depuis ?

J’ai continué à faire beaucoup de concerts en France et à l’étranger. J’ai aussi pris du temps pour m’occuper de ma famille et pour préparer mon album ces deux dernières années.

 

La vie des SDF à Paris, la tristesse des « Papas du week-end »… tous ces thèmes sont d’habitude peu traités par les artistes reggae français. Pourquoi avoir-choisi de les aborder dans « Général Indigo » ?

Je me sens concerné par ceux qui galèrent. Puta Vida Loca, c’est l’histoire d’un mec qui était cadre dans une société et qui suite à une maladie a perdu son boulot et sa femme. Il s’est retrouvé dans la rue jusqu’à devenir un abominable clochard.

Quant à Papa du week-end, j’en suis un (ndlr : Pierpoljak a eu cinq enfants de trois mamans différentes), et mis à part la tristesse que cela implique, il y a toujours autant d’injustice en France. Aujourd’hui, les papas du week-end sont plus considérés comme des porte-monnaie que comme des êtres humains. 

 

Parlez-nous de votre collaboration avec Manu Digital, compositeur très en vue actuellement…

Effectivement, c’est un bon ! Cette année il a participé à une quinzaine d’albums reggae. L’un des deux morceaux avec lui dans General Indigo, Je Te Tuerai, parle de l’impunité de la police quand ils assassinent un mineur.

 

Vous avez participé à populariser le reggae français. Quel regard portez-vous sur la nouvelle scène incarnée notamment par Naâman ou Biga Ranx ?

Ils sont excellent tous les deux. J’ai eu l’occasion de chanter avec eux et je me dis : est-ce qu’on ne tiendrait pas là notre Gentleman ou Alborosie ?

 

A l’image d’un Taïro ou d’un Nuttea, vous continuez à être présent de longues années après le lancement de votre carrière. Quel est votre secret pour durer ?

Taïro est encore un peu jeune. En ce qui me concerne, j’ai fait comme les rockers : un pacte avec le diable (rires).

 

Ancien skinhead présumé, bad boy du reggae… vous n’avez jamais été épargné par les rumeurs et les critiques. Comment avez-vous géré les différentes accusations dont vous avez fait l’objet dans certains médias ?

J’ai fait comme Isabelle Adjani : j’ai crié, j’ai hurlé, j’ai pleuré, j’ai médité… Et je m’en suis foutu.

 

 

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