Les gagnants du «Close-up Photographer of the Year» viennent d'être dévoilés. Chaque année, ce concours révèle les merveilles cachées du monde en récompensant les meilleures photos en gros plan.
Des images à couper le souffle. Le jury du «Close-up Photographer of the Year» (CUPOTY) a annoncé le 24 janvier, les lauréats des 11 catégories de ce prestigieux concours international qui célèbre la photographie en gros plan, la macro et microphotographie.
Après avoir examiné plus de 11.000 candidatures en provenance de 61 pays, un jury d'experts composé de 25 photographes, scientifiques et journalistes, a établi le palmarès de la 6e édition du CUPOTY, dévoilant les gagnants et les 100 meilleures photos.
La Russe Svetlana Ivanenko a été désignée grande gagnante du concours général en remportant le titre de «Close-up Photographer of the Year», pour son spectaculaire cliché du combat de deux coléoptères mâles dans une forêt de chênes en Russie. Quant au «Young Close-up Photographer of the Year», prix réservé aux participants âgés de moins de 17 ans, celui-ci a été attribué à l'Espagnol Andrés Luis Dominguez Blanco, pour son exceptionnelle image d'un guêpier d'Europe capturé en plein vol, tenant un insecte dans son bec.
Créée en 2018 par Tracy et Dan Calder, un couple de photographes britanniques, la compétition du «Close-up Photographer of the Year», a pour objectif de mettre en valeur et promouvoir la photographie rapprochée pour dévoiler la beauté cachée de la nature, quelles que soient les techniques employées (macro, micro ou proxyphotographie).
grande gagnante et 1er prix - catégorie insectes

Le concours général a été remporté par Svetlana Ivanenko. La photographe russe a été couronnée du titre de «Close-up Photographer of the Year» pour «Clash of the Titans», macrophotographie du combat entre deux lucanes cerf-volant mâles, dans une forêt de chênes, située dans la région russe de Voronej, frontalière de l'Ukraine. En outre, son exceptionnelle image lui a permis de décrocher le premier prix dans la catégorie dédiée aux insectes. «Pendant une brève période de l'été, les lucanes cerf-volant se livrent à des batailles féroces pour obtenir le droit de s'accoupler. Ces coléoptères vivent dans des forêts de chênes, ce qui les rend difficiles à repérer. Le fait d'être témoin de cette magnifique scène aux protagonistes réputés insaisissables m'a donné envie de la partager avec le monde entier», a-t-elle témoigné.
1er prix - catégorie Young close-up photographer of the year

Andrés Luis Dominguez Blanco a été primé du titre de «Young Close-up Photographer of the Year» pour sa remarquable photo d'un guêpier d'Europe, saisi en plein vol, à son retour de chasse, en Espagne. Le travail photographique de cet Espagnol de 15 ans, est régulièrement salué et primé dans les concours photo de nature parmi les plus prestigieux. «J'ai capturé cette image à la fin du printemps dans le sud de l'Espagne. Ayant déjà observé des guêpiers à l'aide de jumelles, je savais exactement quels chemins ils empruntaient après avoir chassé des insectes. Cela m'a permis de placer stratégiquement un affût, de manière à obtenir un point de vue bas pour estomper les fleurs de l'avant-plan et de l'arrière-plan de mon cadre. J'ai passé plusieurs matinées lors de mes week-ends à l'abri dans ma cache, observant chaque oiseau attraper quinze à vingt insectes par heure, ce qui m'a permis à de nombreuses occasions de faire des images intéressantes. En utilisant une vitesse d'obturation élevée, j'ai pu figer l'oiseau en vol, montrant clairement la proie dans son bec», a-t-il expliqué.
1er prix - catégorie sous l'eau

Photographe sous-marin multiprimé, biochimiste et naturaliste, l'Américain Gabriel Jensen a réalisé ce sensationnel cliché d'un anoli des plages, appelé aussi poisson-lézard, tentant d'engloutir sa proie, un chirurgien docteur, près de la côte de la ville de Lauderdale-by-the-sea, en Floride, aux Etats-Unis. «L'été apporte une mer calme dans le sud de la Floride où une communauté dévouée de photographes sous-marins se rend presque tous les jours pour observer le troisième plus grand récif corallien du monde à la recherche d'une faune intéressante. Un matin, mes amis Dewalt et Evelyn m'ont signalé qu'ils avaient repéré ce poisson-lézard (Synodus foetens) aux prises avec un chirurgien docteur (Acanthurus chirurgus), d'une taille impressionnante. Les yeux du prédateur ont été, semble-t-il, plus grands que sa bouche. Stoïque et calme, la proie a déclenché un mécanisme de défense remarquable avec ses nageoires pectorales et dorsales munies d'épines tranchantes. Après quelques minutes de lutte, le chirurgien docteur a réussi à s'échapper. Cette image trône désormais sur mon bureau au travail et me rappelle que, même dans les jours difficiles, "tout va bien se passer"», a-t-il commenté.
1er prix - catégorie paysage intime

C'est au Monal, situé en Tarentaise, dans les Alpes françaises que Jean-Philippe Delobelle a photographié les galeries de larves de scolytes creusées sous l'écorce d'un arbre. «Au pied d'un épicéa mort, j'ai capturé ce réseau complexe de galeries creusées par des larves de scolytes ou bostryche typographe (Ips typographus). Partant du site de ponte de la femelle, les tunnels s'élargissent au fur et à mesure que la larve grandit - symbole de vie pour le scolyte, et de mort pour l'arbre. Le bostryche typographe est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des Curculionidae, de la sous-famille des Scolytinae, originaire d'Eurasie. C'est un petit coléoptère ligniforme ravageur des forêts d'épicéa», a expliqué le photographe français.
1er prix - catégorie papillons et libellules

«Une demoiselle (Archineura incarnata) se repose sur un rocher au milieu d'une chute d'eau dans la réserve naturelle de Tianmushan, située dans la province côtière du Zhejiang, dans l'est de la Chine. En juillet, ce lieu est plongé dans une atmosphère chaude et romantique. C'est la quatrième année consécutive que je pénètre dans cette forêt vierge, en suivant les traces de ce ruisseau murmurant. Alors que le ciel était sur le point de s'assombrir, j'explorais encore le cours supérieur du ruisseau, quand, au fond d'un virage turbulent, j'ai découvert une demoiselle posée sur un rocher. Sa tête était abaissée vers la surface de l'eau, comme si elle appréciait son propre reflet. À cet instant, le temps s'est comme arrêté. J'ai donc plongé mon corps dans l'eau et j'ai rampé prudemment jusqu'à elle. À une distance d'environ deux mètres, j'ai solidement fixé mon appareil photo et capturé cette scène inestimable», a déclaré le photographe chinois Yong Miao.
1er prix - catégorie portrait d'invertébrés

Réalisé en mars 2024 dans la jungle malaisienne, ce portrait d'une araignée Caerostris est l'œuvre du macrophotographe irlandais Aran Gibbs. «Lors d'un récent voyage en Malaisie, j'ai découvert cette étonnante araignée après une longue randonnée nocturne dans la jungle, près de Semenyih, située non loin de Kuala Lumpur, la capitale malaisienne. Arrivé au sommet d'une montagne, j'ai pris cette photo à l'aide d'un bracketing de 50 images à main levée. L'araignée se reposait sur une branche tandis que je posais mon appareil photo sur mon sac à dos pour plus de stabilité», a-t-il commenté.
1er prix - catégorie studio art

«Artificial Landscape» fournit un bel exemple du talent développé par le Néerlandais Rob Blanken, ancien dermatologue devenu photographe naturaliste. Celui-ci s'est intéressé ces dernières années, à la macrophotographie créative. «Prise au microscope en avril 2024, cette image montre les cristaux d'acides aminés, créés en préparant d'abord une solution de bêta-alanine et de L-glutamine dans de l'eau et de l'éthanol. Cette solution est ensuite chauffée avec précaution sur une lame de microscope. Au fil du temps, les cristaux se forment sur la lame et peuvent être rendus visibles à l'aide de filtres de polarisation. Je crée ces images pour les formes fascinantes, les couleurs et les variations infinies qu'elles offrent», a-t-il indiqué.
1er prix - catégorie arachnides

Appelée Malmignatte, veuve noire d'Europe ou bien encore veuve noire méditerranéenne, cette araignée femelle qui se nourrit de sa proie a été photographiée par l'Italien Pierluigi Rizzo, dans le parc national du Pollino, en Calabre, dans le sud de l'Italie. «La photo représente une veuve noire méditerranéenne (Latrodectus tredecimguttatus) femelle en train de manger sa proie. Elle résulte de la superposition de deux photos, prises et conçues dans ce but. Dans la première photo, j'ai photographié l'abdomen de l'araignée pour faire ressortir les taches rouges caractéristiques de cet arachnide. Dans la deuxième photo, je voulais capturer le moment du repas. J'ai donc placé un flash avec un gel bleu derrière l'araignée pour obtenir sa silhouette. Les deux photos ont été ensuite fusionnées dans l'appareil photo», a raconté le macrophotographe transalpin.
1er prix - catégorie champignons et moisissures visqueuses

«J'avais déjà vu des hydnes cure-oreilles (Auriscalpium vulgare) quelques fois auparavant, mais c'est la première fois, le 1er novembre 2023, que je les ai trouvés moi-même, dans le parc national du New Forest, au sud de l'Angleterre, au Royaume-Uni. Ce champignon pousse sur les pommes de pin tombées au sol et possède une tige excentrée attachée à un côté du chapeau, avec des lamelles inhabituelles et distinctives pointant vers le bas et ressemblant à des dents. Ce spécimen est particulièrement petit, avec une hauteur d'environ 15 mm. J'ai soigneusement placé une feuille derrière la pomme de pin pour créer un arrière-plan complémentaire, et j'ai pris 74 photos avec bracketing de la mise au point pour obtenir une profondeur de champ suffisante et garder l'arrière-plan bien diffus», a déclaré Barry Webb, photographe britannique spécialisé dans les champignons et les moisissures visqueuses.
1er prix - catégorie plantes

«Après une nuit brumeuse au début du printemps, j'ai remarqué que de nombreuses gouttes d'eau restaient accrochées à de la mousse dans mon jardin, à Sneek, au nord des Pays-Bas. J'ai utilisé une grande ouverture avec un objectif macro de 150 mm pour créer un arrière-plan doux et discret. Ce n'est qu'après avoir combiné deux photos de la même zone et ajusté la température des couleurs pour créer une teinte bleue de rêve que j'ai obtenu l'image que j'avais en tête», a confié le Néerlandais Piet Haaksma, photographe naturaliste passionné.
1er prix - catégorie animaux

«Les forêts tropicales des hauts plateaux andins comptent parmi les forêts les plus denses, les plus froides et les plus humides de la planète. Elles abritent la seule espèce d'ours originaire d'Amérique du Sud : l'ours des Andes appelé aussi ours à lunettes. Cet individu, connu sous le nom de "Nariz de Calavera", en français "nez de crâne", est l'un des plus gros ours vivant près de Bogota, en Colombie, plus précisément dans la réserve naturelle d'Ecopalacio, à environ 30 km à l'est de la capitale. J'ai cherché à capturer un gros plan du comportement naturel de l'ours dans son environnement, en recherchant une prise de vue intime qui mette en valeur son écosystème unique, comme un lieu issu d'une légende ou d'un rêve», a déclaré le Colombien Santiago J. Monroy Garcia, biologiste de la faune, photographe et vidéaste.
«À l'aide d'un piège photographique, j'ai pu enregistrer l'essence de la vie sauvage sans interaction humaine. Après plusieurs tentatives infructueuses, des recherches approfondies sur l'espèce, la consultation d'experts et beaucoup de patience, j'ai finalement capturé l'image que j'avais imaginée le 23 novembre 2023. Par chance, lorsque l'ours à lunettes s'est placé au bon endroit, la pluie a éclaboussé l'objectif aux bons endroits, créant des coups de pinceau et des textures qui plongent le spectateur dans l'humidité et le froid des forêts andines des hauts plateaux de Colombie. Aucun appât n'a été utilisé pour la réalisation de cette image», a-t-il ajouté.