Les animaux à fourrure ne devraient pas être élevés dans des cages, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Pour leur bien-être, les scientifiques préconisent plutôt d’opter pour un système plus spacieux et plus ludique. Notamment pour les visons et les renards roux.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments a rendu ce mercredi 30 juillet un avis scientifique conseillant d'abandonner le système de cage pour améliorer le bien-être des animaux à fourrure dans les élevages. A la place, ces professionnels demandent un système «d'enclos qui offrent plus d'espace et de stimulation» aux visons ou renards roux.
Cet avis aVAIT été sollicité par la Commission européenne dans le cadre de sa réponse à une pétition demandant la fin de l'industrie de la fourrure soumise en 2023 après avoir rassemblé un million et demi de signatures. A l'époque, le PDG de l'organisation International Fur Federation, s'était dit ouvert à «un examen scientifique des fermes à fourrure», précisant qu'une interdiction pure et simple coûterait des milliers d'emplois pour une industrie qui représente 18 milliards de dollars dans le monde.
Des adaptations nécessaires selon les tempéraments de chaque espèce
L'EFSA a rassemblé des études sur cinq espèces, vison, renard roux et renard polaire, chien viverrin, chinchilla, tout en organisant des visites de terrain, d'auditions et d'appels à contributions pour identifier les points qui nuisent au bien-être de ces animaux et les moyens pour y remédier. «Pour les cinq espèces, les points les plus pertinents concernent la taille et l'aménagement des cages. Celles-ci restreignent les mouvements et empêchent les animaux de fureter. Elles peuvent aussi mener à une sous-stimulation ou une surstimulation sensorielle », indique l'autorité sanitaire en préambule.
Les visons élevés en groupe peuvent par exemple s'infliger des blessures et l'EFSA recommande de les isoler après un certain âge et de séparer mâles et femelles avant. Les renards et chiens viverrin bénéficieraient pour leur part d'un changement du sol des cages et de plus d'espace pour réduire les problèmes de pattes. Les chinchillas souffrent eux de l'impossibilité de se cacher quand un humain, source de stress, est à proximité et l'autorité recommande l'ajout d'un abri.
Un problème identifié mais peu de solutions disponibles ?
Pour l’Autorité européenne de sécurité des aliments, la plupart des points ainsi identifiés ne peuvent pas être améliorés dans le cadre du «système actuel de production car la taille limitée des cages empêche l'ajout» de matériel. Des améliorations liées à la nourriture sont en revanche possibles, par exemple en donnant des os à mâcher aux renards ou du foin aux chinchillas. Est également souligné le manque d'information sur les possibles alternatives aux cages puisque ce système est généralisé dans la production d'animaux à fourrure.
Une vingtaine de pays européens ont déjà banni l'élevage d'animaux à fourrure, dont une quinzaine de membres de l'UE. L'avis de l'EFSA «confirme ce que les défenseurs des animaux et les vétérinaires disent depuis des décennies : élever ces animaux dans des petites cages vides cause sans surprise de sérieux problèmes pour leur bien-être», a réagi Joanna Swabe, responsable à l'ONG environnementale Humane World for Animals Europe, dans une déclaration transmise à l'AFP. «Une interdiction serait un pas important vers la fin de l'une des pratiques obsolètes les plus cruelles envers les animaux dans l'Union européenne», a-t-elle ajouté.