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Australie : de mystérieuses boules s'échouent sur des plages, les autorités demandent de ne pas les toucher

Pour les experts, la cause la plus probable reste liée aux réseaux d’assainissement. [© Patrick HAMILTON / AFP]

De mystérieuses «boules de débris» se sont de nouveau échouées sur des plages australiennes. Les autorités appellent les habitants à ne pas les toucher et à éviter les zones concernées, tandis que des analyses sont en cours pour déterminer leur origine.

Des amas sphériques gris, mesurant entre 1 et 4 cm, ont été signalés jeudi sur plusieurs plages de la côte centrale de Nouvelle-Galles du Sud en Australie. Les autorités ont immédiatement demandé aux habitants d’éviter ces plages et de ne pas manipuler ces sphères.

Un premier signalement a été fait tôt dans la matinée par un promeneur à North Shelly. Les services municipaux ont confirmé leur présence et assuré que les boules visibles avaient été retirées dans la journée.

Des précédents inquiétants à Sydney

L’apparition de ces boules n’est pas une première. En janvier, neuf plages de Sydney, dont Manly, avaient été fermées après un phénomène similaire. Quelques mois plus tôt, en octobre 2024, des milliers de sphères noires s’étaient déjà accumulées sur les plages de Bondi, Bronte, Coogee et Tamarama.

Des opérations de ramassage sont en cours sur l'ensemble de la côte et l'Agence de protection de l'environnement de la Nouvelle-Galles du Sud (EPA) a ouvert une enquête pour déterminer l'origine de ces débris.

Initialement décrites comme des «boules de goudron», elles s’étaient révélées être issues de déchets d’origine humaine. Les analyses avaient mis en évidence la présence d’huile de cuisson, de savon, de cheveux, mais aussi de résidus pharmaceutiques et de drogues. 

«Elles sentent absolument mauvais… vous n’avez pas besoin de beaucoup d’imagination pour croire qu’elles sortent des égouts», avait résumé, auprès du Guardian, le professeur de chimie Jon Beves, l’un des rares à les avoir étudiées de près.

La piste des réseaux d’égouts et des pluies diluviennes

Pour les experts, la cause la plus probable reste liée aux réseaux d’assainissement. À Sydney, les eaux usées ne subissent qu’un traitement primaire avant d’être rejetées au large par des conduites sous-marines. Avec une population croissante et un système vieillissant, ces rejets sont de plus en plus problématiques.

Le professeur Stuart Khan, ingénieur à l’université de Sydney et président du comité d’experts mis en place par l’EPA, a souligné que des marqueurs chimiques pointaient bien vers des rejets d’eaux usées. Mais selon lui, l’origine exacte reste incertaine : «Comment ce mélange gras et huileux s’est retrouvé relâché en un lieu et à un moment précis n’est toujours pas clair».

Il estime toutefois que les boules retrouvées sur la côte centrale pourraient provenir des réseaux locaux, gérés par le conseil municipal, plutôt que du système de Sydney. De récents épisodes de pluies diluviennes, l’un des mois d’août les plus humides jamais enregistrés, pourraient avoir provoqué des débordements d’égouts vers les drains pluviaux.

Des échantillons ont été collectés par les services environnementaux et transmis à Sydney Water, qui mène actuellement des tests en laboratoire. Les résultats pourraient prendre jusqu’à deux semaines. Ils devront établir si les boules découvertes à Central Coast sont de la même nature que celles de Sydney, et tenter d’en identifier la source.

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