En Ouzbékistan, des milliers de prisonniers vont pouvoir bénéficier de réduction de peine à condition de lire des livres sélectionnés par les autorités du pays, à dessein de «former des valeurs spirituelles et morales correctes» chez les repris de justice.
Lire pour obtenir des réductions de peine. Si l'idée peut sembler saugrenue, c'est pourtant la voie qu'a choisie d'emprunter l'Ouzbékistan en modifiant son Code pénal. En clair, l'ex-république soviétique d'Asie centrale entend proposer à la lecture des ouvrages visant à «former des valeurs spirituelles et morales correctes» en échange d'un allègement de la durée d'emprisonnement des condamnés initialement prévue par la justice du pays.
Plus de 13.500 prisonniers sont concernés par cette mesure inédite. En revanche, le Sénat a annoncé ce jeudi, après l'adoption de la loi, que celle-ci ne pourrait pas s'appliquer aux détenus condamnés à de la prison à perpétuité.
Pas plus de 30 jours Par an
Concrètement, «pour chaque livre lu, la durée de la peine peut être réduite de trois jours, mais pas plus de trente jours par an», a expliqué la même source, précisant qu'une commission aura pour charge de vérifier si l'ouvrage a bien été lu par le prisonnier.
Si la liste des livres autorisés n'a, pour l'heure, pas été rendue publique, ces derniers ont été choisis «parmi une liste approuvée par le Centre républicain de spiritualité et d'éducation, visant à former des valeurs spirituelles et morales correctes chez les condamnés», a indiqué le Sénat ouzbek.
Il y a quelques mois, l'Ouzbékistan avait promis de «s'efforcer de garantir les droits et libertés des condamnés et d'harmoniser la législation pénale avec des normes du droit international». Mais en se penchant sur le rapport 2025 réalisé par l'ONG Humans Rights Watch, qui dénonce la persistance de «la torture et les mauvais traitements», la posture du pays pose question. D'ailleurs, selon Amnesty, les autorités locales ont «continué de durcir leur contrôle du droit à la liberté d'expression».