Victime d’un AVC, Tara Livingston, une Canadienne de 56 ans, a vu sa vie basculer d’une façon inattendue. Après une opération chirurgicale, elle s’est réveillée avec un accent russe, bien loin de sa langue maternelle. Une conséquence qui a radicalement changé son quotidien .
Depuis ce jour, elle n'est plus la même. Tara Livingston, âgée de 56 ans, a vu sa vie transformée par une pathologie neurologique rare après avoir été victime d'un AVC. La Canadienne s’est réveillée d’une opération en parlant avec un accent russe, sans jamais l’avoir appris. Une situation qui a changé la perception de la part des personnes qu'elle croise puisque ces dernières l'interrogent sur ses origines.
Son AVC en novembre 2023, lui a laissé des séquelles neurologiques en commençant d’abord par des troubles de la parole, notamment une aphasie et une apraxie, qui rendent la communication difficile. Un an après cet épisode, une opération chirurgicale près de l’œil devait être une étape de plus vers la guérison. Mais au réveil, Tara a été confrontée à une réalité déroutante. Sa voix portait un accent russe, alors qu’elle se considère «totalement canadienne». «Ma voix est sortie avec un accent russe et j’étais surprise de ne pas pouvoir l’arrêter», confie-t-elle à nos confrères du quotidien The Mirror.
Un syndrome neurologique méconnu
Ce phénomène particulier porte un nom : le syndrome de l’accent étranger. Il s’agit d’un trouble neurologique extrêmement rare dans lequel des lésions cérébrales modifient les schémas d’articulation et de prononciation, donnant l’impression que la personne adopte un accent étranger. Ce syndrome survient le plus souvent après un AVC ou un traumatisme crânien. En réalité, les patients ne parlent pas vraiment une autre langue, mais la façon dont ils produisent les sons donne l'impression d'un accent différent.
Pour Tara, ce changement brutal a un impact réel sur sa vie sociale et identitaire. Résidant près d’une station de ski fréquentée par des touristes, elle se retrouve à régulièrement devoir se justifier sur ses origines aux gens qu'elle rencontre. «On me traite comme une immigrée », confie-t-elle.
«J’ai l’impression d’avoir perdu mon identité»
Ironie du sort. Elle a rencontré une femme russe dans un pub qui s’est mise à lui parler dans sa langue, persuadée qu’elle la comprenait. À la suite de ces troubles, la Canadienne a dû cesser toute activité professionnelle, se retrouvant en situation d’invalidité. Elle a exprimé une souffrance morale profonde : «J’ai l’impression d’avoir perdu mon identité».
Pour tenter de retrouver non seulement sa façon de parler, mais aussi une part de ce qu’elle considère comme son identité, elle s’est engagée dans un programme intensif. Orthophonie et rééducation sont désormais au cœur de son quotidien entraînant un combat qui pourrait durer plusieurs années. «Si je ne retrouve pas mon accent d’avant, je serai tellement déçue… Je veux juste redevenir moi-même», a-t-elle confié, avec émotion, avant d’ajouter avec une pointe d’ironie que si elle devait choisir un accent, elle opterait pour l’irlandais.