Un nouveau tableau du génial peintre Rembrandt, appartenant à une collection privée, a été découvert. Après deux ans de minutieux examens, la présence de peintures communes à d'autres oeuvres de l'artiste néerlandais, grande figure du baroque, atteste de l'authenticité de l'œuvre.
Une authentification sans ombre au tableau. Maître du clair-obscur, le peintre Rembrandt (1607-1669) voit sa collection exposée s'agrandir, avec un nouveau venu découvert par les chercheurs du Rijksmuseum d'Amsterdam. Pendant des décennies, le tableau baptisé «Vision de Zacharie dans le temple» avait disparu de la circulation, appartenant à une collection privée.
En utilisant des techniques de pointe ayant déjà fait leurs preuves lors de la restauration à grande échelle d'un autre tableau de Rembrandt, intitulé «La ronde de nuit», et en comparant d'autres oeuvres de la même péridode, les chercheurs sont parvenus à authentifier la «patte» de l'artiste, après plus de deux ans d'une étude approfondie.
Un tableau signé de la main du maître
«L'analyse des matériaux, les similitudes stylistiques et thématiques, les modifications apportées par Rembrandt et la qualité globale du tableau confirment toutes la conclusion selon laquelle ce tableau est une œuvre authentique de Rembrandt van Rijn», a partagé le musée dans un communiqué.
L'oeuvre retrouve donc le chemin des murs des musées, «La vision de Zacharie dans le temple» ayant été exposée en 1898 lors de la grande exposition Rembrandt au Stedelijk Museum d'Amsterdam. En 1960, le tableau avait été catalogué comme un véritable Rembrandt, avant d'être acheté un an plus tard par un particulier, entraînant la disparition de l'oeuvre de la circulation. Ce n'est que tout récemment que le propriétaire actuel est entré en contact avec le Rijksmuseum, permettant 65 ans plus tard d'examiner à nouveau l'oeuvre.
«Des techniques radiographiques avancées (MA-XRF) ont permis d'identifier les pigments utilisés. Les colorants que Rembrandt a également utilisés dans d'autres œuvres, tels que le blanc de plomb, l'ocre, le noir d'os et le jaune de plomb, sont également présents dans ce tableau», a partagé le musée sur son site. Le tableau a été peint sur deux panneaux de chêne provenant d'arbres du sud-est de la Lituanie, un type de bois couramment utilisé au XVIIe siècle.
Une célèbre scène biblique
Les dimensions et la structure du panneau correspondent à celles des panneaux que le maître hollandais utilisait souvent. L'analyse des cernes, ces traits de contour qui entourent une forme ou une figure dans une œuvre, montre que la signature apposée sur le tableau est probablement exacte, l'inscription «Rembrandt f. 1633» présentant les mêmes formes de lettres et le même style pictural que d'autres œuvres reconnues de cette période.
Les modifications apportées par la figure majeure de la peinture baroque pendant la réalisation du tableau constituent une preuve importante de son authenticité. Ainsi, l'encensoir sur l'autel était initialement plus grand. De telles modifications sont caractéristiques d'un artiste qui cherche à s'améliorer. «Un copiste aurait reproduit l'original à l'identique, sans rien changer», a rapporté le musée situé à Amsterdam.
Dans de somptueuses nuances dorées où la lumière joue avec l'ombre, le tableau revient sur une célèbre histoire biblique, le moment où le grand prêtre Zacharie a reçu la visite inattendue de l'archange Gabriel dans le temple. Celui-ci lui annonce que lui et sa femme, malgré leur âge avancé, auront un fils : Jean-Baptiste. Le visage étonné de Zacharie traduit son incrédulité.
Si l'on regarde attentivement, l'ange n'apparaît jamais frontalement dans la scène. À la place, la lumière pénètre par le coin supérieur droit, suggérant simplement sa présence divine. Rembrandt s'était ainsi écarté des représentations bibliques existantes et avait introduit une nouvelle manière de représenter ce sujet.
L'oeuvre sera à découvrir dès le 4 mars prochain au Rijksmuseum. D'autres oeuvres de Rembrandt seront également révélées aux yeux du public de passage dans un autre musée de la Venise du Nord. Une habitante de Zutphen aux Pays-Bas a en effet découvert 35 gravures du maître du Siècle d'or hollandais dans un tiroir familial pendant la pandémie de Covid-19. Authentifiées par la Maison de Rembrandt d'Amsterdam, ces gravures, conservées pendant un siècle, seront prochainement exposées au Stedelijk Museum.