Au rayon livres, plusieurs nouveautés ont retenu notre attention. Thriller psychologique, conseils en image, escapade salvatrice en Sicile, road trip entre femmes… Voici cinq ouvrages à glisser d’urgence dans votre pile à lire.
«volare», de Serena Giuliano

Reprendre goût à la vie. Avec «Volare», Serena Giuliano livre un roman d’une grande délicatesse, où l’Italie sert de décor à une exploration intime de la santé mentale et plus particulièrement de la dépression, une maladie encore trop souvent mal comprise. Ambre, une conseillère d’apprentissage dans un collège et en apparence comblée, voit pourtant son quotidien s’effondrer sous le poids de ce mal invisible. Lorsque le diagnostic tombe - «Madame, vous faites une dépression» - commence alors un chemin difficile : il faut apprendre à mettre des mots, à accepter, à ne plus avoir honte. Et surtout, trouver la force d’en parler à ses proches.
Soutenue par l’amitié indéfectible de Manuela, elle s’envole finalement pour la Sicile pour entamer une sorte de «retraite spirituelle». C'est dans cette atmosphère solaire et apaisante, près d'un certain Giacomo, qu'elle amorce peu à peu sa reconstruction. Vient le temps de vivre, d'aimer à nouveau et de «voler», comme le suggère le titre. Au fil des pages, on s’attache aussi à Sylvain, un papillon, présence fragile et symbolique, presque un personnage à part entière, qui accompagne la métamorphose d’Ambre. La romancière italienne aborde ce sujet sérieux sans jamais alourdir le récit, en glissant même des touches d’humour bienvenues. Elle signe un roman nécessaire et touchant qui encourage à demander de l’aide et à croire, malgré tout, au retour de la lumière.
«Volare», Serena Giuliano, éd. Calmann-Levy, 18,90 €.
«Là où le ciel murmure», de Laurence Peyrin

Avec Laurence Peyrin, les héroïnes ne se contentent jamais d’exister : elles se battent, vacillent, osent, s’émancipent. Après La drôle de vie de Zelda Zonk, L’Aile des vierges et Les Jours brûlants, la romancière poursuit son exploration des trajectoires féminines avec Là où le ciel murmure. Cette fois, elle remonte le temps jusqu’en 1986 et nous entraîne à Key West, aux États-Unis. Liées par une amitié fusionnelle, Freya, l’introvertie, et Danii, l’incandescente, fêtent leurs vingt ans en s’élançant sur la mythique Overseas Highway, en Floride.
Cheveux au vent, elles prennent la route vers Cap Canaveral, comme une promesse de liberté, pour assister au tant attendu décollage de la navette Challenger. Mais leur périple bascule brutalement. Sous le ciel brûlant et face aux eaux turquoise, les certitudes se fissurent, les silences s’alourdissent et l’amitié se fragilise à mesure que remontent les secrets, tandis que la navette spatiale explose en plein vol. Avec justesse, l’écrivaine confirme son talent pour mêler l’intime à l’Histoire. Une lecture prenante, qui saisit ce moment fragile où l’on quitte l’enfance.
«Là où le ciel murmure», Laurence Peyrin, éd. Calmann-Levy, 20,50€, en librairie le 15 avril.
«Danser sur les volcans», de Laure Manel

Une ode aux femmes et à la nature. Dans «Danser sur les volcans», Laure Manel réunit huit héroïnes que tout oppose, propulsées ensemble sur les routes d’Islande par une agence spécialisée dans le voyage «au féminin». Il y a Rose et Lou, le duo mère-fille, Stéphanie, célibataire sans enfant, Sarah et Chloé, les deux jeunes Parisiennes, Delphine, la quinquagénaire casanière, Carole, la prof de yoga, et Nadine, la doyenne et retraitée, chacune portant dans ses bagages ses fêlures, ses doutes et ses espoirs.
Autant de personnalités contrastées qui, d'abord, se heurtent, avant de s’apprivoiser. Au fil des paysages grandioses, les masques tombent. Terre de feu et de glace, l’Islande, puissante, magnétique et sauvage, agit comme un révélateur : elle met à nu les failles, oblige à se regarder en face. La réussite du road trip tient à ses personnages, tous finement pensés et nuancés, dans lesquels on reconnaît des fragments de soi. Et à ces conversations, profondes et sincères, auxquelles on aimerait tant prendre part. Un roman choral intense et envoûtant, qui célèbre la possibilité, à tout âge, de se réinventer.
«Danser sur les volcans», Laure Manel, éd. Michel Lafon, 20,95€.
«Colorimétrie», de Sophia Bassé

Pourquoi certaines couleurs illuminent-elles instantanément le visage tandis que d’autres semblent le ternir ? La réponse se trouve dans la colorimétrie. De plus en plus en vogue, cette discipline repose sur l’idée que chacun possède une palette idéale, déterminée par la couleur de la peau, des yeux et des cheveux. Grâce à «Colorimétrie : trouvez les couleurs qui vous subliment», on a désormais un guide clair, accessible et inspirant pour maîtriser l'art de se mettre en valeur avec les bons coloris. Styliste depuis neuf ans et très active sur les réseaux sociaux, Sophia Bassé voit dans la colorimétrie bien plus qu’une simple question d’esthétique.
L'autrice la décrit comme «un outil qui nous aide à mieux comprendre son image, à révéler notre personnalité et gagner en confiance». Car les couleurs ne se contentent pas d’habiller : elles peuvent transformer la façon dont on se voit et dont on est perçu. Grâce à ses explications pédagogiques, ses illustrations pétillantes et ses exercices pratiques, l'experte aide à identifier sa saison chromatique, son contraste et son sous-ton. À la clé : une véritable boussole stylistique pour repenser et illuminer sa garde-robe.
«Colorimétrie : trouvez les couleurs qui vous subliment», Sophia Bassé, éd. Larousse, 16,99 €, en librairie le 1er avril.
«Spécimen», de Pauline Claviere

La menace plane. Avec «Spécimen», Pauline Claviere signe un page-turner sous tension où l’intime bascule vers l’inquiétant. Tout commence par une scène ordinaire : une mère confie son jeune fils à sa nourrice, Mina, pour se consacrer à l’écriture. Mais tout vacille lorsqu’elle découvre le carnet laissé par Rafaël, le fils de Mina, mystérieusement disparu. Un texte pour le moins dérangeant et bouleversant qui réveille aussi chez la narratrice le souvenir d’une amie d’enfance disparue vingt-cinq ans plus tôt.
Peu à peu, passé et présent s’entrechoquent autour d’une question obsédante : que peut vraiment être «le spécimen»? Avec une intrigue qui ne faiblit jamais, la journaliste et romancière nous confronte alors à une interrogation lancinante : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour protéger nos enfants, et qui devons-nous réellement craindre ? Un ouvrage à la chute redoutablement efficace qui poursuit le lecteur bien après la dernière page, et qui a même marqué le maître du thriller français Maxime Chattam. Rien que ça.
«Spécimen», Pauline Claviere, éd. Grasset, 24 €.