Si pendant très longtemps, les chances de voir s'effondrer la circulation méridienne de retournement atlantique ne dépassaient pas les 32%, elles s'élèvent désormais à 51%, alerte une étude publiée par Science Advances le 8 avril. Des conséquences catastrophiques pour l'Europe, l'Afrique et les Amérique.
Le drame climatique pourrait arriver plus tôt que prévu. L'avenir de la circulation méridienne de retournement atlantique, plus connu sous le nom d'Amoc, est menacé. Ce courant pourrait s'effondrer d'ici à la fin du siècle, selon une étude publiée par Science Advances, le 8 avril.
L'Amoc était déjà dans un faible état depuis 1.600 ans mais son état ne cesse de s'empirer en raison du réchauffement climatique. Les chercheurs ont estimé un ralentissement de 42 % à 58 % en 2100, un niveau qui mènerait assurément à un effondrement. L'étude menée a combiné des observations océaniques réelles avec des modèles afin de déterminer le plus fiable.
Des conséquences catastrophiques
Cet effondrement aurait des conséquences catastrophiques pour l'Europe, l'Afrique et les Amérique. Ce courant joue un rôle majeur dans la régulation des températures mondiales. Il transporte les eaux tropicales réchauffées par le soleil vers l'Europe et l'Arctique, où elles se refroidissent et plongent pour former un courant de retour profond.
Conséquence du réchauffement climatique, le courant atlantique ralentit car les températures de l'air augmentent désormais rapidement. L'océan s'y refroidit donc plus lentement.
L'effondrement de ce courant bousculerait toute une chaîne naturelle et impacterait la zone de précipitations tropicales dont dépendent des millions de personnes pour leur alimentation. Cela plongerait également l'Europe dans des hivers extrêmement froids et des étés secs.
Une situation de non-retour
Les scientifiques, plutôt pessimistes, craignent une situation de non-retour. «J'ai peur que nous atteignions bientôt le point de basculement de l'effondrement de l'Amoc, où nous ne pourrions plus rien faire», déplore Stefan Rahmstorf, océanographe et climatologue allemand.
Il y a encore quelques années, les scientifiques estimaient les probabilités de cet effondrement à 5%. Aujourd'hui, ces chances sont estimées à 50%. Pour les spécialistes, il s'agit des conséquences climatiques les plus dévastatrices au cours de ces dernières années.