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AMOC : la Seine gelée, jusqu'à -30 °C... Quel est ce courant marin qui pourrait être responsable de périodes glaciaires en France d'ici à 2100 ?

Faut-il s'habituer à voir Paris sous une épaisse couche de neige, voire de glace ? [© REUTERS]

Un phénomène météorologique inquiète de plus en plus de scientifiques : l'AMOC. Ces courants maritimes, dont l'importance climatiques sur l'Europe est prépondérante, montrent des signes de perte d'intensité. Son évolution laisse craindre un futur où les hivers seraient glaciaux.

Des vagues de froid polaire régulières en France ? Selon les spécialistes du climat, si les courants marins appelés AMOC continuent de perdre en intensité dans les prochaines années, les conséquences sur les températures ressenties sur le vieux continent pourraient en effet être désastreuses. De longs mois de gel, accompagnés de températures comprises entre -20 °C à Paris, -30 °C à Strasbourg ou encore -50 °C à Oslo pourraient devenir la norme. La Seine pourrait même, face à la baisse significative du mercure, devenir une véritable patinoire.

Derrière ces changements de paysages brutaux se cache un phénomène naturel : l'«Atlantic Meridional Overturning Circulation», la circulation méridienne de retournement atlantique.

© Ministère des Armées

Comme l'explique le site du ministère des Armées, il s'agit d'un «ensemble de courants complexes qui transporte les masses d’eaux chaudes, situées entre la surface et 1.000 m de profondeur, de l’équateur vers le Nord de l’océan Atlantique». La température à la surface de l'eau ayant des répercutions importantes sur la température ressentie dans l'air des terres émergées environnantes, un affaiblissement de ce courant, qui changerait la température de l'eau dans diverses régions du monde, aurait des conséquences sur les températures ressenties sur la terre ferme.

Les effets de l'AMOC : Montréal et Paris, latitudes égales, hivers opposés

Comme le montrent les cartes schématisant les divers courants qui traversent aujourd'hui les océans, notamment l'Atlantique, un courant chaud se concentre sur les côtes européennes, tandis qu'un courant froid fait face aux côtes américaines. C'est précisément pour cette raison que, malgré la hauteur similaire de villes comme Montréal et Paris, les hivers sont beaucoup plus rigoureux et les températures sont susceptibles de descendre bien plus bas sur le continent américain.

A noter que Toronto se situe à une latitude comparable à celle de Marseille, tandis que New York est aussi haut sur le globe qu'une ville comme Madrid ou Rome.

Or, les courants marins profonds étudiés par les scientifiques ces dernières années seraient de moins en moins puissants, au fil des années. Selon certains spécialistes, il donnerait même des premiers signes d'effondrement quasi-total et pourrait tomber jusqu'à seulement 20% de son intensité actuelle.

Des conséquences économiques majeures

«Parmi les points de bascule climatique identifiés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) figurent des changements importants de circulations globales dont le ralentissement, voire l’effondrement, de l’AMOC», écrit ainsi le gouvernement sur son site.

Pour expliquer cette réalité inquiétante que guettent les météorologues mondiaux, les changements climatiques sont évoqués en premier lieu. Ceux-ci seraient responsables d'un fonctionnement nouveau de la circulation thermohaline, de la température et de la salinité. «Le réchauffement des eaux ainsi que la fonte des glaciers perturbent le fonctionnement de l’AMOC qui menace de s’effondrer d’ici à 2090. Si celui-ci venait à être bouleversé, le climat global serait complètement déréglé, engendrant une baisse drastique des températures, en particulier dans l’hémisphère Nord», apprend-on ainsi également.

Les conséquences économiques d'un tel changement environnemental pourraient être majeures. Pour rappel, en quelques jours seulement, les épisodes neigeux survenus en France au début du mois de janvier ont généré des pertes de plusieurs dizaines de millions d'euros, seulement pour le secteur du transport. Entre retards, absentéisme ou encore surcoûts, l'Hexagone a montré son manque de préparation face à de telles conditions. Mais au fil des années, la France ainsi que l'ensemble des puissances européennes n'auraient d'autre choix que de s'adapter à cette nouvelle réalité.

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