Ce vendredi 17 avril, le président américain Donald Trump a assuré qu’un accord de paix pourrait bientôt être trouvé avec l’Iran. Il inclurait le programme nucléaire de Téhéran, et donc a fortiori le devenir de son stock d’uranium.
Plusieurs options possibles. Dans un appel téléphonique avec l’AFP, le président américain Donald Trump a fait savoir, ce vendredi 17 avril, qu’un accord entre son pays et l’Iran pourrait être trouvé. Selon le locataire de la Maison Blanche, les Etats-Unis obtiendront «toute la poussière nucléaire» iranienne, le terme qu'il utilise pour désigner les stocks d'uranium enrichi, sans qu'aucune somme d'argent ne soit échangée «de quelconque manière» pour cela.
En effet, d’après les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran disposait en juin 2025 de 441 kg d’uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire. Ce stock était sur trois sites, à savoir Fordo, Natanz et Ispahan.
Téhéran disposait également de 180 kg d’uranium enrichi à 20% et de plus de 6.000 kg enrichis à 5%. Ces données restent toutefois incertaines aujourd’hui, en l’absence d’inspections de l’AIEA après la guerre des Douze jours en 2025 et les frappes israélo-américaines en 2026.
Ainsi, et en cas d’accord, plusieurs options sont envisageables. La première est en effet un transfert du stock d’uranium hautement enrichi vers un pays tiers, en l’occurrence la Russie. «Il y a eu un précédent en 2015 quand une partie de l'uranium iranien enrichi avait été transférée vers la Russie», a rappelé la chercheuse Héloïse Fayet à l’AFP, en référence aux modalités du précédent accord international encadrant le programme nucléaire iranien, le JCPOA, dénoncé par Donald Trump en 2018.
Un transfert vers la Russie ?
«Mais ce n'était pas du tout le même niveau d'enrichissement qu'aujourd'hui. Ce serait d'autant plus compliqué que la relation USA-Russie d'aujourd'hui n'est plus la même qu'en 2015, et les stocks iraniens sont beaucoup plus importants», a-t-elle analysé.
Une proposition a été formulée la semaine dernière par le président russe Vladimir Poutine. Selon le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, «l’offre tient toujours, mais n’a pas été suivie d’effet».
La deuxième option est celle d’une dilution du stock d’uranium enrichi à l’intérieur même de l’Iran. A Paris, on estime que la dilution sous contrôle de l'AIEA aurait l'avantage de faire revenir les inspecteurs et de rétablir une forme de transparence.
Comme le précise l’AFP, diluer l'uranium à un taux inférieur à 5% permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires. Pour Héloïse Fayet, cette option dépendra «de l'acceptation américaine de laisser l'Iran enrichir sur son territoire». Il s'agit aussi de sortir de la ligne rouge des deux parties : le zéro enrichissement longtemps exigé par Washington, mais refusé par Téhéran.
Pour les Européens, quelle que soit l'option sur laquelle Américains et Iraniens travailleront, ce ne sera que le début de négociations au très long cours car il faudra trouver un moyen d'encadrer strictement le programme iranien pour le long terme.