Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Augmentation des cancers de la peau : pourquoi les Français se protègent-ils moins ?

Le spécialiste appelle à se méfier des expositions «inconscientes» comme les terrasse de café. [Andrey Popov/Adobe]

Malgré les campagnes de prévention, l’usage de la crème solaire recule légèrement en France. Un paradoxe inquiétant alors que les cancers cutanés explosent depuis trente ans. Erwan Poivet, conseiller scientifique à la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) livre son expertise à CNEWS.

Chaque été, les messages de prévention reviennent, éviter les heures les plus chaudes, rester à l’ombre, appliquer de la crème solaire régulièrement. Pourtant, les Français semblent relâcher leur vigilance face au soleil. 

L'usage de la crème solaire en baisse

Une tendance préoccupante au moment où les cancers de la peau continuent de progresser fortement. La Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) a publié le 22 mai dernier son baromètre 2026, réalisé avec OpinionWay, sur les habitudes des Français face au soleil. Et le constat est sans appel, seulement 7 Français sur 10 disent se protéger à la plage, sans forcément penser à renouveler le geste.  

«La hausse des cancers de la peau reflète en grande partie des expositions répétées et insuffisamment protégées», explique Erwan Poivet, conseiller scientifique à la FEBEA. Selon lui, ces cancers «ont plus que triplé en France entre 1990 et 2023». 

Pourtant, les comportements de protection ne suivent pas toujours. La crème solaire reste largement utilisée, mais son usage recule légèrement. Un paradoxe, alors même que l’image des produits solaires s’améliore auprès du public. 

des idées reçues persistantes 

Pourquoi les Français se protègent-ils moins bien ? Pour Erwan Poivet, plusieurs facteurs se cumulent. «Bien se protéger demande du temps, de l’anticipation et une réapplication régulière», souligne-t-il. Le principal frein reste justement cette nécessité de renouveler fréquemment l’application : 54% des Français l’évoquent. 

Le prix des produits solaires arrive juste derrière, cité par 53% des personnes interrogées. Mais les réticences évoluent. «Les principales réserves exprimées par les Français (impact environnemental, innocuité pour la santé humaine ou encore prix) tendent toutes à diminuer», observe-t-il. 

Certaines idées reçues continuent toutefois de circuler. Près d’un Français sur deux estime encore que la quantité de crème appliquée importe peu. «Or, une application trop légère réduit fortement le niveau de protection, parfois sans que l’on s’en rende compte», rappelle l’expert. 

Le soleil n’est pas devenu plus dangereux…

Face à cette hausse des cancers, beaucoup s’interrogent : le soleil est-il plus nocif qu’avant ? «Le soleil a toujours été mauvais», tranche Erwan Poivet. Le bronzage, rappelle-t-il, est avant tout «une réponse cutanée à l’agression de la peau par les rayons UV». Les UVA et UVB sont responsables du vieillissement de la peau, des rides, des troubles de pigmentation, mais surtout de «90 % des cancers cutanés». 

Ce qui a surtout changé, ce sont les comportements. Voyages plus fréquents vers des destinations ensoleillées, longues expositions estivales, pratique accrue des activités extérieures : les occasions de s’exposer se sont multipliées au fil des décennies. Le bronzage reste également fortement valorisé socialement. 

Les lieux de vacances concentrent particulièrement les risques. «À la plage et à la piscine, l’exposition est très intense : on y reste longtemps, la peau est découverte et l’eau comme le sable renforcent l’exposition aux UV», explique Erwan Poivet. 

Les baignades et les frottements réduisent progressivement l’efficacité de la protection solaire. D’où l’importance de renouveler régulièrement l’application. 

Les jeunes et les hommes moins sensibilisés 

Les moins de 25 ans figurent parmi les publics les plus difficiles à convaincre. «Chez les jeunes, le risque paraît souvent lointain», note Erwan Poivet. Près d’un jeune sur deux estime pouvoir se passer de crème solaire sans réel danger. Ils sont également quatre sur dix à ne pas en appliquer à la plage ou à la piscine. 

Les hommes apparaissent eux aussi moins attentifs aux risques liés au soleil. Pour le spécialiste, les campagnes de prévention doivent désormais cibler prioritairement ces populations. 

Pour réduire les risques, le message doit rester simple. «La meilleure protection consiste d’abord à limiter l’exposition», insiste Erwan Poivet. Éviter les heures les plus chaudes entre 10h et 16h, rechercher l’ombre, porter des vêtements couvrants, un chapeau ou des lunettes car les protections physiques demeurent les plus efficaces. 

La crème solaire vient seulement en complément, sur les zones exposées. Elle doit être appliquée en quantité suffisante et renouvelée après la baignade ou en cas de forte transpiration. 

Enfin, le spécialiste appelle à se méfier des expositions «inconscientes» comme les terrasse de café, les promenades ou le sport en extérieur. «On pense souvent aux longues journées à la plage, mais beaucoup d’expositions quotidiennes passent sous les radars», prévient-il.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités