Face à la multiplication des incidents en vol, le gouvernement britannique envisage de créer une liste noire nationale pour empêcher les passagers violents ou ivres de voyager avec n’importe quelle compagnie aérienne.
Insultes, bagarres, ivresse… Les passagers au comportement inadapté pourraient bientôt ne plus pouvoir prendre l’avion, quelle que soit la compagnie choisie. Le gouvernement britannique réfléchit à la mise en place d’une liste noire nationale recensant les voyageurs jugés dangereux ou perturbateurs à bord, rapporte la BBC, lundi 1er juin.
L’idée : permettre aux compagnies aériennes de partager des informations sur les passagers considérés comme problématiques, afin d’éviter qu’une personne interdite chez l’une puisse réserver un billet chez une autre.
Ce type de partage pourrait néanmoins resté très limité, principalement à cause des règles liées au RGPD. Pour rappel, le RGPD est le règlement européen qui encadre la protection et le partage des données personnelles des citoyens.
L'acool, facteur majeur des INCIVILITÉs à bord
Cette piste intervient alors que les incidents en vol se multiplient, surtout pendant les vacances d’été. L’alcool est régulièrement pointé du doigt dans plusieurs affaires ayant conduit à des atterrissages d’urgence ou à des interventions de police à l’arrivée.
À titre d'exemple au Royaume-Uni, les arrestations de passagers indisciplinés à bord des avions ont triplé ces dernières années. Selon des données relayées par la RTS (Radio Télévision Suisse), plus d’un britannique sur deux affirme avoir déjà été témoin d’une altercation ou d’un comportement violent en vol lié à une consommation excessive d’alcool.
«Les comportements antisociaux à bord sont totalement inacceptables», a indiqué une source gouvernementale à la BBC, estimant que ces incidents mettent en danger les passagers comme les membres d'équipage.
Plusieurs compagnies soutiennent déjà cette mesure. Jet2, qui applique une politique de «tolérance zéro», réclame depuis plusieurs mois la création d’un système commun entre transporteurs. La compagnie avait notamment banni à vie deux passagers après une violente bagarre sur un vol entre la Turquie et Manchester en février 2026.
Le gouvernement doit désormais échanger avec le secteur aérien pour définir les modalités du dispositif. La question du partage des données personnelles reste toutefois l’un des principaux obstacles.
Bientôt, le principal risque pendant un vol ne viendra peut-être plus des turbulences, mais des passagers eux-mêmes.